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Kœchlin, Raymond

Statut
Publiée
Contributeur
Leguy, Evelyne
Dernière modification
29/03/2024 13:09 (il y a 20 jours)
Type de personne
Type de personne : 
Noms
Nom : 
Kœchlin
Prénom : 
Raymond
Sexe : 
Nationalité : 
Nom : 
Koechlin
Prénom : 
Raymond
Naissance et mort
Date de naissance : 
6 juillet 1860
Lieu de naissance : 
Date de mort : 
9 novembre 1931
Lieu de mort : 
Adresses
Type d'adresse : 
Date de l'adresse : 
1887 - 1890
Adresse : 

176 boulevard Saint-Germain

Code postal : 
75006
Ville : 
Type d'adresse : 
Date de l'adresse : 
1890 - 1894
Adresse : 

205 rue du Faubourg Saint-Honoré

Code postal : 
75008
Ville : 
Type d'adresse : 
Date de l'adresse : 
1894 - 1923
Adresse : 

32 quai de Béthune

Code postal : 
75004
Ville : 
Professions / activités
Type de profession / activité : 
Commentaire Professions / activités : 

Commission des Monuments Historiques, membre

Prix et distinctions
Biographie
Commentaire biographique : 

Fils d'Alfred Koechlin dit Koechlin-Schwartz, grand industriel mulhousien. Scolarité à Paris, au lycée Condorcet, puis au collège Sainte-Barbe ; 1881-1884 : études à l'École libre des sciences politiques, diplômé avec distinction le 1er juillet 1884, section diplomatique ; 1887-1902 : direction du Bulletin de politique étrangère au Journal des Débats ; 1889 : il épouse Hélène Bouwens van der Boijen, qui meurt quatre ans après à cause d'une maladie, dès lors, sa vie est consacrée aux études, à sa collection, au patrimoine artistique français ; 1890 : une visite à l'exposition d'estampes japonaises organisée par Siegfried Bing à l'École des Beaux-Arts éveille sa passion pour l'art japonais, et marque le vrai début de sa carrière de collectionneur ; 1891-1899 : conférences d'histoire diplomatique de l'Europe de 1648 à 1789 à l'École libre des sciences politiques ; 1895 : à la mort de son père, il peut se consacrer aux études et à sa collection ; 1897 : il est l'un des fondateurs de la Société des Amis du Louvre, dont il est nommé secrétaire avec Alfred Bossy; il la présidera en 1921; 1898 : il est parmi les signataires de la pétition en faveur de la révision du procès Dreyfus; 1899 : membre du Conseil de l'Union Centrale des Arts Décoratifs; 1900 : membre du Comité de l'Exposition rétrospective de l'Art français à l'Exposition universelle de Paris : il participe à l'installation de l'exposition des ivoires, sous la direction d'Émile Molinier et de Frantz Marcou; il prépare le pavillon des arts décoratifs français à l'Exposition universelle, avec Louis Metman et Jules Maciet; lors de la fondation de la Société franco-japonaise de Paris, il en devient membre du conseil d'administration et vice-président; 1903 : il participe à l'organisation de l'exposition de l'Art musulman au musée des Arts décoratifs à Paris, conçue par Gaston Migeon; 1904 : membre du Comité d'organisation de l'Exposition des Primitifs français, tenue au musée du Louvre et à la Bibliothèque nationale de Paris; 1905 : il joue un rôle majeur pour l'ouverture du musée des Arts décoratifs de Paris au Pavillon de Marsan du Palais du Louvre; 1908 : il est nommé membre de la commission consultative des études de l'École spéciale d'architecture de Paris; 1909-1914 : il organise une série de six expositions d'estampes japonaises au musée des Arts décoratifs à Paris; 1910 : vice-président de l'Union Centrale des Arts Décoratifs; 1911 : il est élu président de la Société des Amis du Louvre et, par conséquent, entre au Conseil des musées nationaux; il organise le pavillon des arts décoratifs français à l'Exposition internationale de Turin, avec Paul Alfassa; 1914 : il est l'un des fondateurs de la Société de l'Art Français Moderne, fondée au mois de mai dans le but de favoriser l'entente entre artistes et industriels; 1917 : secrétaire du Conseil des musées nationaux; 1918 : il rédige un rapport sur les musées en Alsace et en Lorraine, dans la perspective du retour des deux régions à la France; 1920 : il représente la France à Vienne en tant que délégué de la Commission des Réparations; 1922 : il est élu vice-président, puis, à la mort de Léon Bonnat, président du Conseil des musées nationaux; 23 octobre 1931 : il rédige son testament, par lequel il lègue la presque totalité de sa collection, comprenant surtout peintures et dessins modernes, objets d'art islamique, chinois et japonais, aux musées nationaux.

Collections : estampes japonaises, objets d'art extrême-oriental et musulman, art médiéval, tableaux de maîtres du XIXe siècle (de Delacroix à Van Gogh, Degas, en passant par Corot, Manet, Monet, Renoir, Degas)

Commentaire biographique : 

Raymond Kœchlin est à la fois un grand collectionneur d’art européen et asiatique, un historien de l’art et un homme de musées. Il est né en 1860 à Mulhouse, au sein d’une des plus anciennes familles protestantes de la ville, ayant fait fortune dans l’industrie textile. Les membres de sa famille sont très investis dans la vie publique, économique et culturelle locale, en particulier à travers la Société industrielle de Mulhouse. Son père, Alfred Kœchlin-Schwartz (1829-1895) est conseiller municipal à Mulhouse, puis maire du 8arrondissement de Paris (Vaugenot-Deichtmann M., 2011, p. 30-33). En 1888, il est élu député du Nord, aux côtés du général Boulanger. Le père de Raymond Kœchlin, sa sœur Florence Mezzara (1857-1896) et son frère le général Jean-Léonard Kœchlin (1870-1951) ont tous trois développé une pratique artistique. Leurs œuvres sont conservées par diverses institutions publiques.

Pendant la guerre franco-prussienne, Raymond Kœchlin poursuit sa scolarité à Paris. Les Kœchlin sont francophiles depuis plusieurs générations. Son père s’oppose au rattachement de l’Alsace à la Prusse. Il est expulsé du territoire au lendemain de la guerre (Vaugenot-Deichtmann M., 2011, p. 30-33. AN, P/LH/1405/20). Raymond Kœchlin intègre en 1881 l’École libre des sciences politiques. Il est ensuite engagé par le Journal des débats, dont il dirige pendant quinze ans le Bulletin de politique étrangère. À partir de 1887, il devient maître de conférences d’histoire diplomatique européenne, à l’École libre des sciences politiques.

En décembre 1888, Kœchlin épouse la peintre Hélène Bouwens van der Boijen (1862-1893), fille de l’architecte d’origine néerlandaise William Bouwens van der Boijen, qui a notamment réalisé l’hôtel Cernuschi. Celle-ci meurt cinq ans plus tard. À la mort de son père en 1895, la situation matérielle de Raymond Kœchlin évolue, il se consacre alors entièrement à l’étude des arts et à sa collection.En 1897-1898, il voyage en Égypte avec le collectionneur et critique d’art Marcel Guérin (1873-1948) (Guérin M., 1932a,p. 4, p. 77). Au cours de sa vie, il parcourt également le Maghreb, Jérusalem, la Palestine, la Turquie, la Grèce et la Scandinavie. Il se rend régulièrement en Angleterre, en Allemagne, aux Pays-Bas et en Suisse. Kœchlin est une figure centrale du cercle des collectionneurs parisiens.Sa sphère amicale réunit artistes, conservateurs, archéologues, érudits et collectionneurs. Le peintre et collectionneur Étienne Moreau-Nélaton (1859-1927) réalise son portrait en 1887 (musée d’Orsay, RF 35724). Kœchlin rencontre Claude Monet (1840-1926) en 1897. Il lui rend visite à Giverny, défend son œuvre et acquiert certaines de ses toiles (Aitken G., Delafond M., 1987, p. 24). Il côtoie étroitement le conservateur du musée du Louvre Gaston Migeon (1861-1930), le grand collectionneur Jules Maciet (1846-1911), ou encore Paul Poujaud (1856-1936), avocat et grand amateur d’art, et Paul-André Lemoisne (1875-1964), conservateur au Cabinet des estampes de la Bibliothèque nationale. Autre ami intime, Louis Metman (1862-1943), conservateur du musée des Arts décoratifs de Paris, se confieaprès la mort de Kœchlin : « […] je n’ai jamais rien fait ici sans être d’accord avec lui. Chaque jour, jusqu’à ses derniers mois, il venait passer au moins une heure dans ce fauteuil » (Betz M., 1931, p. 1036).

« L’ami dévoué des musées français » (René-Jean, 1932, p. 3).

Son dévouement auprès des musées français est tel que, selon Guérin, lorsque Kœchlin acquiert un objet, il « ne songeait nullement à revendre et qu’il achetait uniquement en vue d’enrichir les musées auxquels il destinait ses collections » (Guérin M., 1932a,p. 13). En 1897, il est un des membres fondateurs de la Société des Amis du Louvre, dont il est nommé secrétaire général (Alfassa, P., 1932, p. 6). En 1899, il rejoint le conseil de l’Union centrale des Arts décoratifs. En 1900, il s’associe au comité de l’Exposition rétrospective de l’art français à l’Exposition universelle de Paris et contribue à l’organisation du pavillon des Arts décoratifs français. La section japonaise de l’Exposition universelle, dont Hayashi Tadamasa 林 忠正 (1853-1906) est commissaire, marque particulièrement Kœchlin (Kœchlin R., 1930a, p. 45-46). Il plaide à partir de cette période pour une ouverture accrue des musées aux arts extrême-orientaux et islamiques et multiplie les dons.

Kœchlin collabore à l’aménagement du musée des Arts décoratifs au pavillon de Marsan du palais du Louvre (Kœchlin R., Metman L., 1900, p. 2. ; Alfassa, P., 1932, p. 13). Deux salles sont consacrées aux collections d’arts musulmans et extrême-orientaux. Pour ce même musée, il assiste Gaston Migeon, Max van Berchem (1863-1921) et Clément Huart (1854-1926) dans l’organisation de l’exposition d’art musulman de 1903, décisive pour le cercle des amateurs d’art musulman. De 1909 à 1914, il met sur pied, accompagné de Louis Metman, Inada Hogitaro 稲田賀太郎 et Charles Vignier (1863-1934), un cycle de six expositions d’estampes japonaises. Grâce aux prêts de 66 collectionneurs, 2 300 œuvres sont présentées, proposant un vaste panorama (Luraghi, S. D., 2014). En 1904, il prend part au comité d’organisation de la section peintures et dessins de l’exposition des primitifs français au musée du Louvre et à la Bibliothèque nationale (Bouchot et al., 1904). Avec Paul Alfassa (1876-1849), il organise en 1911 le pavillon des Arts décoratifs français de l’Exposition internationale de Turin. En 1910, Kœchlin est nommé vice-président du conseil de l’Union centrale des Arts décoratifs, succédant à Jules Maciet. À la mort de ce dernier, Kœchlin est élu en 1911 président de la Société des Amis du Louvre. Ainsi, il siège au Conseil artistique des musées nationaux, dont il est secrétaire à partir de 1917 (Alfassa P., 1932, p. 14 ; Vaugenot-Deichtmann M., 2011, p. 101), et soutient la création du musée Rodin (L’Art et les Artistes, 1914, p. 41-44).

Kœchlin est très affecté par les affres de la Première Guerre mondiale et ses destructions. Il s’engage auprès de l’Union des femmes de France, fondée par sa mère Emma Kœchlin-Schwartz (1838-1911). Il déplore de devoir renoncer à certaines de ses relations épistolaires, notamment avec des savants allemands (Alfassa, P., 1932, p. 14-15). Il se réjouit à la fin de la guerre du rattachement de l’Alsace-Lorraine à la France. Il rédige pour cela dès 1918 un rapport sur les musées de ces régions (BMAD, AUCAD, Br. 4422). En 1920, il est délégué par la France à Vienne dans le cadre de la Commission interalliée des réparations (1919-1931). Raymond Kœchlin est chargé de dresser un inventaire et d’estimer la valeur des collections de la Couronne d’Autriche (Gay V., 2014, p. 5-7). En 1921, il est élu membre de la Commission des monuments historiques. À ce titre, il est associé en 1926 à une délégation chargée d’examiner l’état des monuments classés d’Alsace-Lorraine (Procès-verbaux de la Commission des Monuments historiques (1848-1950)…, 2014). En 1922, il est élu vice-président, puis à la mort de Léon Bonnat (1833-1922), président du Conseil des musées nationaux (Callu A., 1994). Parmi ses innombrables fonctions, il est un des vice-présidents de la Société des Amis du musée Guimet créée en 1926 et membre du Comité-Conseil du musée. (Le Musée Guimet (1918-1927), Annales du musée Guimet, 1928, p. 99)

Sa démarche d’historien de l’art

Kœchlin ne cesse, parallèlement de mener des recherches et de publier. Il entretient de multiples relations épistolaires avec des historiens, paléographes et conservateurs, tels que le directeur du Victoria & Albert Museum, Arthur L. B. Ashton (1897-1983) et Laurence Binyon (1869-1943) conservateur au British Museum. Kœchlin prend part aux comités de la Gazette des beaux-arts (Comoedia, 1923, p. 3) et de la Revue des Arts asiatiques. Il a marqué de son empreinte la recherche sur les arts médiévaux et les ivoires gothiques, principalement avec deux vastes campagnes photographiques à travers la Champagne, puis l’Europe, ayant abouti à deux publications majeures (Kœchlin R., Marquet de Vasselot J.-J., 1900 ; Kœchlin R., 1924b). La photographie joue un rôle essentiel dans sa pratique d’historien et de collectionneur, en tant qu’outil de comparaison aisément échangeable entre spécialistes.

Son approche est formaliste, ses descriptions minutieuses le mènent à l’analyse (Tomasi M.,2006, p. 137-139). Il interroge certaines sources contemporaines de ses objets d’étude, mais il est peu probable que Kœchlin se confronte aux sources japonaises. Il puise dans les textes japonais traduits pour la première génération des japonisants et les écrits de ces derniers. Il se place au cœur de l’actualité archéologique et de la recherche, en commentant articles et ouvrages récents européens et américains. Selon lui « […] en matière d’art, et d’art japonais particulièrement, le document n’est pas tout » (Kœchlin R., 1904, p. 109). Il recommande de partir de l’œuvre même (Fierens-Gevaert H., 1903, p. 143-144). Sa démarche d’historien est influencée par sa pratique de collectionneur, établissant des séries. Ses intérêts pour les écoles régionales, les phénomènes d’acculturation et les éléments de continuité, peuvent être reliés à sa formation en sciences politiques (Tomasi M.,2006, p. 139).

Son œuvre d’historien des arts japonais et chinois se concentre principalement de 1900 à 1925. En 1901 et 1902, il dédie aux arts japonais des cours à l’École des hautes études sociales (Tomasi M., 2006, p. 137). En 1902, il tient une conférence devant la Société industrielle de Mulhouse sur le même sujet. Il se consacre après la guerre aux « arts musulmans ». Ses publications reflètent un renouvellement du discours sur ces arts dits orientaux, dont l’étude s’établit plus scientifiquement. La vision fantasmée d’un lointain Orient disparaît progressivement. Toutefois, le discours d’amateur passionné prend parfois le pas sur celui de l’historien (Luraghi S. D., 2014, p. 89, 95). Comme chez la plupart de ses pairs, l’histoire de ces arts est avant tout écrite à travers les collections particulières parisiennes et européennes, voire publiques. Quoi qu’il en soit, les publications de Kœchlin sont autant de contributions à l’avènement d’une histoire de l’art japonais, entreprise en France depuis les années 1880 et 1890. Néanmoins, ce n’est que dans les années vingt que les études japonaises évoluent « […] d’un orientalisme de cabinet vers des recherches de terrain et des échanges entre spécialistes des deux pays, insérés dans les milieux académiques respectifs », étape à laquelle Kœchlin ne prend pas directement part (Marquet C., 2014).

Dans ses divers écrits, l’histoire des arts du Japon et de la Chine est mêlée à celle de leur découverte et leur réception par l’Occident. Kœchlin est soucieux de diffuser les formes les plus remarquables des arts orientaux et non les « bibelots d’étagère japonais qui pullulent en Europe », de « simples articles d’exportation » (L’Art japonais. Conférence de Raymond Kœchlin…, 1902, p. 1). Comme d’autres intellectuels de son époque, tels que Louis Gonse (1846-1921) ou Edmond Pottier (1855-1934), Kœchlin multiplie les parallèles entre les arts japonais, chinois et musulman. Ces derniers sont eux-mêmes rapprochés des arts médiévaux européens et grecs. Bien que procédant d’une conception de l’Orient marquée par une présumée continuité esthétique, ces associations ne signifient pas systématiquement une confusion scientifique (Labrusse R., 1997, p. 288). Il s’agit de familiariser l’œil européen à la « grammaire ornementale » de ces arts. Il conclut la plupart de ses textes sur l’enjeu pour les artistes français de s’inspirer des arts orientaux pour la formation d’un art décoratif moderne, de « remettre l’art contemporain dans la voie que lui trace le véritable art japonais » (Kœchlin R.,1903a, p. 132). Objectif qu’il défend au sein de l’Union centrale des Arts décoratifs, une des premières institutions à s’intéresser à l’art japonais, dont le conseil d’administration réunit d’éminents japonisants, et lors des expositions auxquelles il prend part. L’ensemble de ces considérations caractérise la deuxième génération des japonisants et le cercle des amateurs d’art de l’Islam.

Commentaire rédigé par Auréanne Bergère.

Commentaire biographique : 

Raymond Kœchlin was a major collector of European and Asian art, an art historian, and a committed supporter of museums. He was born in 1860 in Mulhouse, to one of the city’s oldest Protestant families, which had made a fortune in the textile industry. The members of his family were very involved in local public, economic, and cultural life, in particular through their link with the Société Industrielle de Mulhouse. His father, Alfred Kœchlin-Schwartz (1829–1895), was a municipal councillor in Mulhouse, and subsequently mayor of the eighth arrondissement of Paris (Vaugenot-Deichtmann, M., 2011, pp. 30–33). In 1888, he was elected deputy in Northern France, alongside General Boulanger. Raymond Kœchlin’s father, his sister, Florence Mezzara (1857–1896), and his brother, General Jean-Léonard Kœchlin (1870–1951), all produced artistic works, which are held in various public institutions.

During the Franco-Prussian War, Raymond Kœchlin continued his education in Paris. The Kœchlins had been Francophiles for several generations. His father opposed Prussia’s annexation of Alsace. He was forced to leave the region after the war (Vaugenot-Deichtmann, M., 2011, pp. 30–33. AN, P/LH/1405/20). In 1881, Raymond Kœchlin joined the École Libre des Sciences Politiques. He was then hired by the Journal des Débats, where for fifteen years he directed the Bulletin de Politique Étrangère. In 1887, he became a lecturer of European diplomatic history at the École Libre des Sciences Politiques.

In December 1888, Kœchlin married the painter Hélène Bouwens van der Boijen (1862–1893), daughter of the Dutch architect William Bouwens van der Boijen, who, in particular, constructed the Hôtel Cernuschi. She died five years later. Upon the death of his father in 1895, Raymond Kœchlin’s financial status evolved, and he devoted himself entirely to the study of the arts and his collection.In 1897–1898, he travelled in Egypt with the collector and art criticMarcel Guérin (1873–1948) (Guérin, M., 1932a,p. 4, p. 77). During his life, he also visited the Maghreb, Jerusalem, Palestine, Turkey, Greece, and Scandinavia. He regularly travelled to England, Germany, the Netherlands, and Switzerland. Kœchlin was a central figure in the circle of Parisian collectors.His friends included artists, curators, archaeologists, scholars, and collectors. The painter and collector Étienne Moreau-Nélaton (1859–1927) executed his portrait in 1887 (Musée d’Orsay, RF 35724). Kœchlin met Claude Monet (1840–1926) in 1897. He visited him in Giverny, defended his work, and acquired some of his paintings (Aitken, G., Delafond, M., 1987, p. 24). He was a close friend of Curator of the Louvre Gaston Migeon (1861–1930), the leading collector Jules Maciet (1846–1911), Paul Poujaud (1856–1936), a lawyer and great art lover, and Paul-André Lemoisne (1875–1964), Curator in the Cabinet des Estampes in the Bibliothèque Nationale. Another close friend, Louis Metman (1862–1943), Curator of the Musée des Arts Décoratifs in Paris, confidedafter Kœchlin’s death: ‘(…) I have never done anything here without his agreement. Each day, until the last months of his life, he spent at least one hour in this armchair’ (Betz, M., 1931, p. 1036).

‘The devoted friend of French museums’ (René-Jean, 1932, p. 3).

His commitment to French museums was such that, according to Guérin, when Kœchlin acquired an object, he ‘never considered selling it and he only bought items with the aim of enriching the museums his collections were intended for’ (Guérin, M., 1932a,p. 13). In 1897, he was one of the founding members of the Société des Amis du Louvre, of which he was appointed Secretary General (Alfassa, P., 1932, p. 6). In 1899, he joined the board of the Union Centrale des Arts Décoratifs. In 1900, he was on the committee of the Exposition Rétrospective de l’Art Français in the Exposition Universelle held in Paris, where he helped to organise the Pavillon des Arts Décoratifs Français. The Japanese section of the Exposition Universelle, for which Hayashi Tadamasa 林 忠正 (1853–1906) was curator, had a particular impact on Kœchlin (Kœchlin, R., 1930a, p. 45–46). During this period he encouraged the museums to embrace Far-Eastern and Islamic arts and increased his donations.

Kœchlin contributed to the refurbishment of the Musée des Arts Décoratifs in the Pavillon de Marsan in the Palais du Louvre (Kœchlin, R., Metman L., 1900, p. 2.; Alfassa, P., 1932, p. 13). Two rooms were devoted to the collections of Muslim and Far-Eastern arts. In the same museum, he helped Gaston Migeon, Max van Berchem (1863–1921), and Clément Huart (1854–1926) to hold the 1903 exhibition of Muslim art, which was a decisive event for the circle of collectors of Muslim art. From 1909 to 1914, he organised, together with Louis Metman, Inada Hogitaro 稲田賀太郎, and Charles Vignier (1863–1934) a cycle of six exhibitions of Japanese prints. Thanks to loans from sixty-six collectors, 2,300 works were exhibited, providing a vast panorama of these works (Luraghi, S. D., 2014). In 1904, he took part in the committee to organise the paintings and drawings section in the exhibition of French primitive artists in the Musée du Louvre and the Bibliothèque Nationale (Bouchot et al. , 1904). In 1911, with Paul Alfassa (1876–1849), he organised the Pavillon des Arts Décoratifs Français in the Turin International Exhibition. In 1910, Kœchlin took over from Jules Maciet as Vice-President of the board of the Union Centrale des Arts Décoratifs. Upon the death of the latter in 1911, Kœchlin was appointed President of the Société des Amis du Louvre. Hence, he sat on the French Artistic Council for National Museums, of which he became Secretary in 1917 (Alfassa, P., 1932, p. 14; Vaugenot-Deichtmann, M., 2011, p. 101), and backed the creation of the Musée Rodin (L’Art et les Artistes, 1914, pp. 41–44).

Kœchlin was greatly affected by the horrors of the First World War and the subsequent destruction. He became involved with the Union des Femmes de France, founded by his mother Emma Kœchlin-Schwartz (1838–1911). He regretted having to give up certain of his epistolary exchanges, in particular those he had maintained with German scientists (Alfassa, P., 1932, pp. 14–15). He was delighted at the end of the war when Alsace-Lorraine was restored to France. In 1918, he drafted a report about the museums in these regions (BMAD, AUCAD, Br. 4422). In 1920, he was delegated by France to Vienna in the framework of the Inter-Allied Commission on Reparations (1919–1931). Raymond Kœchlin was entrusted with drawing up an inventory and estimating the value of the Austrian Crown’s collections (Gay, V., 2014, pp. 5–7). In 1921, he was elected a member of the Commission des Monuments Historiques. Hence, in 1926, he was part of a delegation responsible for examining the state of classified monuments in Alsace-Lorraine (Procès-verbaux de la Commission des Monuments Historiques (1848–1950)..., 2014). In 1922, he was elected Vice-President, then, upon the death of Léon Bonnat (1833–1922), President of the Conseil des Musées Nationaux (Callu, A., 1994). Amongst his many functions, he was one of the Vice-Presidents of the Société des Amis du Musée Guimet, established in 1926, and member of the museum’s Comité-Conseil. (Le Musée Guimet (1918-1927), Annales du Musée Guimet, 1928, p. 99).

His work as an art historian

At the same time, Kœchlin never stopped his research and publication work. He maintained written correspondence with many historians, palaeographers, and curators, such as the Director of the Victoria & Albert Museum, Arthur L. B. Ashton (1897–1983), and Laurence Binyon (1869–1943), curator at the British Museum. Kœchlin sat on the committees of the Gazette des Beaux-Arts (Comoedia, 1923, p. 3) and the Revue des Arts Asiatiques. He left his mark on research into medieval arts and Gothic ivory objects, mainly via two vast photographic campaigns conducted in the Champagne region, then in Europe, which led to two major publications (Kœchlin, R., Marquet de Vasselot J.-J., 1900; Kœchlin, R., 1924b). Photography played an essential role in his work as a historian and collector, as a comparative tool that could easily be shared by specialists.

He adopted a formalistic approach, and his highly detailed descriptions developed into analyses (Tomasi, M.,2006, pp. 137–139). He studied certain sources that were contemporary to the objects he focused on, but it is unlikely that Kœchlin explored Japanese sources. He did consult Japanese texts translated for the first generation of connoisseurs of Japanese art, along with the writings of the latter. He was at the forefront of contemporary archaeology and research, and wrote about the latest European and American articles and books. In his opinion ‘(…) with regard to art, and Japanese art in particular, documentation is not the only viable approach’ (Kœchlin, R., 1904, p. 109). He recommended that it was best to start a study by referring to the work itself (Fierens-Gevaert, H., 1903, pp. 143–144). His approach as a historian was influenced by his approach to collecting, which involved creating series. His interest in regional schools, the phenomena of acculturation, and elements of continuity may have been linked to his training in the political sciences (Tomasi, M.,2006, p. 139).

He worked as a historian of Japanese and Chinese arts mainly between 1900 and 1925. In 1901 and 1902, he ran courses about the Japanese arts at the École des Hautes Études Sociales (Tomasi, M., 2006, p. 137). In 1902, he held a conference before the Société Industrielle de Mulhouse about the same theme. After the war, he devoted himself to the ‘Muslim arts’. His publications reflect a new approach to these so-called Oriental arts, which were now studied more scientifically. The idealised vision of a far-off Orient gradually faded. All the same, the approach of the passionate connoisseur took precedence over that of the historian (Luraghi, S. D., 2014, pp. 89, 95). As was the case with most of his peers, the history of these arts was primarily written via Parisian and European private and public collections. Nonetheless, Kœchlin’s publications did contribute to the emergence of a history of Japanese art, which had been undertaken in France since the 1880s and 1890. Nevertheless, it was only in the 1920s that Japanese studies evolved ‘(…) from a cabinet-based Orientalism to research in the field and interchange between specialists in the two countries working in respective academic circles’, a phase Kœchlin was not directly involved in (Marquet, C., 2014).

In his various writings, the history of the arts of Japan and China is combined with that of their discovery and their reception in the West. Kœchlin was keen to diffuse the most remarkable forms of Eastern arts, rather than the ‘Japanese shelf trinkets that abound in Europe’, described as ‘articles made purely for export’ (L’art japonais. Conférence de Raymond Kœchlin…, 1902, p. 1). Like other intellectuals of his era, such as Louis Gonse (1846–1921) and Edmond Pottier (1855–1934), Kœchlin made many parallels between Japanese, Chinese, and Muslim arts. The latter were likened to European and Greek medieval arts. Although they were based on a conception of the Orient marked by a hypothetical aesthetic continuity, these comparisons did not necessarily indicate scientific confusion (Labrusse, R., 1997, p. 288). The idea was to familiarise the European eye with the ‘ornamental grammar’ of these arts. He concluded most of his articles with assertions about the need for French artists to be inspired by Eastern arts in order to create a form of contemporary decorative art, and ‘to place contemporary art on the path traced out by true Japanese art’ (Kœchlin, R.,1903a, p. 132). He defended this goal within the Union Centrale des Arts Décoratifs—one of the first institutions to take an interest in Japanese art, whose board of directors included eminent connoisseurs of Japanese art—and during the exhibitions he took part in. All of these aspects were characteristic of the second generation of connoisseurs of Japanese art and the circle of collectors of Islamic art.

Article by Auréanne Bergère (translated by Jonathan and David Michaelson).

Thèmes d'étude
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[objets collectionnés]. Pots et bols à thé, vases à eau, brûle-parfums, boîte en faïence, etc.

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Commentaire Thèmes d'étude : 

[objets collectionnés]. Boîtes à parfums ou à miroir, inrō, écritoires, etc.

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Commentaire Thèmes d'étude : 

[objets collectionnés]. Paravent.

Liens entre personnes
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Raymond Koechlin et Henry Lemonnier sont membres de la Société d'histoire de l'art français. (source : Bulletin de la Société d'histoire de l'art français. 1912). Collaborateur aux Mélanges offerts à M. Henry Lemonnier, par la Société de l'histoire de l'art français, ses amis et ses élèves (source : Mélanges offerts à M. Henry Lemonnier, par la Société d'histoire de l'art français, ses amis et ses élèves. Paris : Édouard Champion, 1913, n.p.).

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Raymond Koechlin et Eugène Mutiaux étaient amis. « Je vais essayer, ayant joui pendant près de quarante ans de son amitié, de dire qui il fut et de tracer une esquisse de cette figure de collectionneur si originale et à la fois si attrayante. » (source : Koechlin, Raymond. « Eugène Mutiaux ». Revue des arts asiatiques. t. 3, n° 2, juin 1926, p. 66)

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Raymond Koechlin offre un netsuke en faïence écru à Clémence d’Ennery vers 1891. (Source : Valluy, 1975 ; Emery, 2022).
Bibliographies / archives
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p. 241