Ulysse à Ithaque. Le jeu de l'arc
Ulysse à Ithaque. Le jeu de l'arc
Ulysse se venge des prétendants
titre donné lors du passage en vente publique le 22 novembre 1985, sous le n° 65 (« Atelier du Primatice »)
Il s'agit d'une copie d'après la 39e des 58 fresques qui ornaient les parois de la Galerie d'Ulysse à Fontainebleau, conçues par Primatice et réalisées en grande partie par Nicolò dell'Abbate entre 1541 et 1570, qui furent détruites en 1738.
L'Épreuve de l'arc fait partie d'une suite de toiles copiant des scènes des parois de la Galerie d'Ulysse. Vers 1930, le propriétaire de cette série affirmait « qu'un plus grand nombre de ces tableaux qu'il n'en restait avaient été conservés là mais qu'une partie avait péri de vétusté. Quatre seulement demeuraient ». Trois seulement en sont actuellement connues, acquises par le Château de Fontainebleau en 1995 pour deux d'entre elles, et en 2023 pour la troisième. Un quatrième représentait Ulysse éveillé par Minerve. Entretemps la seconde guerre mondiale entraîna l'incendie du château de Fontenay et seuls trois tableaux semblent avoir survécu.
En s'appuyant sur un document cité sans référence par Jean Adhémar en 1957, Danièle Denise a pu démontrer en 2004 qu'elles avaient été exécutées par Ruggiero de Ruggieri, peintre bolonais actif à Fontainebleau dans l'équipe dirigée par Primatice, en 1569, à la demande de Nicolas Legendre, seigneur de Villeroy, pour la galerie de son château de Villeroy (Essonne, actuelle commune de Mennecy), dont Ruggiero fut aussi chargé de peindre la voûte.
Le document, daté du 5 août 1569 (Archives nationale de France, MC, LIV, 68) a été publié ensuite in extenso par Emmanuelle Opigez (2005, p. 37). Il apporte des précisions d'une grande rareté concernant la commande par Nicolas IV Legendre, seigneur de Villeroy (1542-1617) à « Roger de Rogere » de dix tableaux « de diverses istoires d'Ulixes » « faictz a huille sur la thoille » pour la galerie du château « au dessus de celle qui est à arcade » et la commande de la peinture « a destrempe » et « a grotesque » de la voûte de cette galerie.
Le tout « suivant les deux pourtraictz qu'il a monstrez aud. sr de Villeroy ». Le peintre fournira toute matière « hormis la thoille et les chassis pour lesd. tableaux »,
Le peintre devait faire le travail dans le courant de l'année à venir, moyennant 300 escuz d'or soleil dont 40 reçus à la commande.
Ce marché permet donc de comprendre combien la galerie du château de Villeroy offrait une réduction de la Galerie d'Ulysse, elle aussi située au 1er étage d'une galerie à arcade, dévolue à l'histoire d'Ulysse et dotée d'une voûte ornée de grotesques. D'autres documents concernant les travaux faits plus tard, en 1583, à Villeroy (Grodecki, 1985, I, p. 157) font même allusion au fait que la galerie finissait sur un petit pavillon donnant sur la terrasse et au delà sur « le jardin des pins ».
Alors que tout Ithaque pense Ulysse mort au cours de son long voyage, Athéna organise un concours d'agilité afin de trouver un nouvel époux à Pénélope qui a pourtant fidèlement attendu le héros. L'épreuve est difficile : il s'agit de tirer une flèche qui pourra passer à travers l'œil de douze fers de hache alignés. Nul n'y parvient hormis Ulysse que l'on voit sur la gauche du tableau sous le regard ébahi de Pénélope et la colère des prétendants malheureux.
La part du style simplificateur et appuyé de Ruggiero de Ruggieri est bien perceptible par rapport au dessin préparatoire de Primatice pour cette même scène, une très fine sanguine rehaussée de blanc conservée à Weimar, Schlossmuseum, inv. KK 4929.
D. Denise (1998, n° 5 ; et 2004 n° 163).
Béguin, 1972, p.172 n° 196
Dimier 1942 p. 31.
Château de Villeroy (Inventaire après décès, dressé en 1597, de Madeleine de l'Aubépine, dame de Villeroy, épouse de Nicolas IV de Neuville (1542-1617) : « en la gallerie haulte [...] Item dix grands tableaux contenat l'histoire d'Ulysses etd e Peneloppe enchassez en bois doré estimez à quarante escuz ».
Château de Villeroy, dans un grand garde-meuble dans le corps du château ayant veüe sur le parterre : « Item neuf grands tableaux peints sur toilled d'environ six pieds de longueur sur cinq pieds environ [soit 1,62 x 1,94 m], dans leurs bordures de bois représentant des sujets d'histoire, prisés trente livres » (1734). A cette date les tableaux ne sont plus au nombre de 10 mais de 9.
Comtesse de Germiny, château de Fontenay (Cotentin).
Comte Édouard de Germiny, décédé en 1982.
Renée de Moré de Pontgibaud (sa veuve) et Gabriel de Germiny (son fils) jusqu'en 1995.
Déposé au Château de Fontainebleau entre 1952 et 1982 ; Vente publique, Paris Hôtel Drouot, expert Ryaux, 22 novembre 1985, sous n° 65 (« Atelier de Primatice ») ; Vente publique , Paris, Hôtel Drouot, 11 septembre 1995, n° 57; préempté par le château de Fontainebleau.
Copies d'après les fresques conçues par Primaticcio décorant la Galerie d'Ulysse du château de Fontainebleau, aujourd'hui disparue.
Copies d'après les fresques conçues par Primaticcio décorant la Galerie d'Ulysse du château de Fontainebleau, aujourd'hui disparue.
Copies d'après les fresques conçues par Primaticcio décorant la Galerie d'Ulysse du château de Fontainebleau, aujourd'hui disparue.
p. 31 ( attribué à Nicolò dell'Abbate).
1943, n° 111, 10 août 1943, p. 3 « répliques exactes et certainement contemporaines des fresques de la Galerie d'Ulysse ».
p. 119-121 : considère que les œuvres citées sont des copies des parois de la galerie d'Ulysse et que Ruggiero copia aussi la voûte de grotesques « composés par Antonio Fantuzzi en 1560 ».
Ancien nom fichier image : M501304_0000720_P.JPG,DS1,,0000720.JPG