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Retable des Quatorze Intercesseurs

Statut
Publiée
Contributeur
lbrosse2
Dernière modification
11/05/2022 15:03 (il y a 3 mois)
Type d'oeuvre
Titres
Titre : 
Retable des Quatorze Intercesseurs
Titre : 
Retable de Kronach
Localisations
Type de Cote / numéro : 
Cote / numéro : 
RF 2531
Commentaires descriptifs
Commentaire descriptif : 

Retable provenant d'une église [?]

Restaurations
Commentaire Etat de Restauration : 
- Étude et restauration, Anne Portal, 1993 ; Myriam Eveno, 1995 ; Patrick Le Chanu, Laboratoire de recherche des musées de France, 1996 ; Agnès Cascio, Juliette Levy, Anne Portal, 1995 ; Claire Dard-Ternisien, Laboratoire de recherche des musées de France, 2008.
- Identification du bois, Élisabeth Ravaud, Laboratoire de recherche des musées de France, 1995.
Matérialité
Matériau : 
Technique : 
Commentaire Matérialité : 

Retable composé d’une caisse entourée de deux volets, d’une prédelle et d’un couronnement.


Fin du 19e siècle, importante restauration de la structure, consolidation des bas-reliefs et des planches formant la caisse et les volets au moyen de clous ainsi que restitution d’éléments manquants et ajout d’éléments (fleurons, perles, cabochons). L’enduit ou le plâtre chargé de papier journal, utilisé pour la consolidation des bas-reliefs sur le fond, a été prélevé et analysé. Un fragment de journal a livré la mention « Munich, 1866 » et a permis d’estimer la date probable de la restauration entre 1866 et 1876.


1) La caisse


Constituée d’un fond de quatre planches de bois (avec défauts et nœuds) de différentes largeurs, collées à plat-joint, chevillé à un cadre (bois résineux), réalisé en quatre planches réunies par un assemblage en queue d’aronde à coupe d’onglet en façade.


- Traces de fixation du couronnement sur le montant horizontal supérieur du cadre. Clous modernes.


- Faible attaque d’insectes xylophages.


2) Les deux volets


Composés d’un panneau central, constitués de deux planches de bois (bois résineux) accolées et peintes sur la surface externe. Les deux faces internes sont ornées de bas-relief. Chaque panneau est inséré dans un cadre épais formé de quatre montants assemblés à double emboîtement caché. Une moulure en quatre parties est appliquée sur la face interne du cadre.


3) La prédelle


Constituée de six planches (bois résineux) réunies par des chevilles. Montants latéraux verticaux assemblés par des rainures à languette en queue d’aronde cachée.


4) Le couronnement et les rinceaux


Reconstitution du 19e siècle.


- Soubassement (bois résineux).


- Partie sculptée et ajourée (tilleul) assemblée par des chevilles.


5) Les bas-reliefs


Taillés dans plusieurs pièces de bois collées (planche de tilleul) avec éléments secondaires assemblés.


Bas-reliefs de la caisse : constitué de trois morceaux principaux.


Bas-reliefs de chacun des deux volets : constitués de deux morceaux principaux.


- Eléments assemblés dès l’origine : mains, (fréquemment fixées par des chevilles), attributs des saints : intestins de saint Erasme, lance de saint Georges (remplacée), flèche de saint Gilles.


- Plusieurs fentes dues à l’ouverture des joints d’assemblage : sur le panneau central, traversant le visage de saint Christophe ; entre saint George et saint Nicolas ; sur le volet senestre, traversant la figure de sainte Marguerite.


- Manques : flèche de saint Gilles ; pouce, dernière phalange de l’index et deux phalanges du doigt de saint Acace ou Eustache ; attribut d’Erasme ; main droite et attribut de saint Georges ; main droite de sainte Barbe.


- Cavités où logeait un décor de perles de bois (disparu) : vêtements de sainte Catherine, Marguerite, saint Acace ou Eustache, saint Nicolas, mitre de saint Erasme, coiffes de saint Blaise et Guy.


- Restitutions : lance et main de saint Georges ; main dextre de saint Acace ou Eustache ; senestre de saint George ; dextre de sainte Catherine et senestre de sainte Marguerite.


- Ajouts postérieurs : fleurons des couronnes des trois saintes du volet senestre ; cabochons en verre coloré sur les mitres et les chapeaux ; perles en verre coloré entourant les cabochons et placées à la fermeture de certains vêtements.

Technique : 
Commentaire Matérialité : 

Vestiges de la polychromie originale, polychromie de la fin du 19e siècle, intervention plus récente.


1. Polychromie d'origine :


Traces de polychromie sur les bas-reliefs : dorure des chevelures et du pelage de la biche localement conservée en aplat.


- Préparation blanche (carbonate de calcium à foraminifères), épaisse sous les feuilles métalliques, plus fine ailleurs. À l’emplacement des joints ou des nœuds du bois, elle est mêlée à des fibres ou des brins de fibre végétale.


- Chape de saint Nicolas, coude droit de saint Erasme : bol rouge, feuille d’or, glacis orangé.


- Tour de sainte Barbe : or poli rehaussé de dessins peints en noir.


- Clou sur les mains de saint Pantaléon, tunique de saint Erasme : feuille d’argent, glacis vert.


- Cuirasse de saint Georges, coiffe de saint Nicolas : feuilles de métal mordoré.


- Robe de sainte Barbe : vestiges de décors en relief moulés et appliqués, dits « brocarts appliqués », aux fines stries verticales, glacis vert ( ?).


- Chasuble de saint Erasme : feuille d’argent, glacis vert.


- Col de saint Eustache, intérieur de la manche du vêtement de sainte Catherine : glacis vert.


- Intérieur des chapes de saint Erasme, saint Acace et saint Nicolas, manteau de sainte Catherine : bleu azurite posé directement sur la préparation.


- Chapeau de saint Acace : rouge mat, glacis rouge.


- Chevelures, pelage de la biche : marron.


- Sol : vert, légèrement translucide.


- Main de saint Pantaléon : trace de glacis rouge figurant le sang de sa blessure.


- Bouche de saint Christophe : feuille d’or, glacis rouge.


- Aucune trace de polychromie de carnations conservée.


Montants et fond de la caisse traités en une alternance de bleu azurite et rouge, rehaussés par des motifs réalisés en papier et collés. Certains visibles sous les repeints : étoiles sur le fond de la caisse du volet senestre, fleurettes à six pétales sur les gorges des moulures encadrant la caisse. Ces motifs étaient revêtus d’un glacis rouge, probablement appliqué sur or. Les rinceaux (disparus) devaient être dorés.



2. Polychromie postérieure (fin du 19e siècle) :


La polychromie des bas-reliefs a subi un décapage, qui a laissé des coulures blanchâtres et des traces de grattage. Tous les visages ont été décapés. Le volet dextre entièrement décapé à l’exception de la biche.


- Préparation blanche épaisse.


- Bol, feuilles d’or brunies. La dorure, brillante, présente des nuances de couleurs différentes : or avec reflet vert pour la chape de saint Erasme ; or aux tonalités plus chaudes pour les autres éléments.


- Couleurs opaques appliquées en épaisseur, liant huileux.


- Coiffes et souliers : vert émeraude, rouge carmin.


- Sol : vert opaque.


Le repeint des montants et du fond de la caisse imite les couleurs de la polychromie d’origine, bleu et rouge, mais l’or est remplacé par de la bronzine (étoiles, fleurettes et auréoles des saints sur le fond de la caisse).


Le couronnement et les rinceaux, reconstitution du 19e siècle :


- Dorure brunie à la feuille, bronzine.


- Sous-couche rouge vif mat, couche rouge foncé ; sous-couche bleue, couche bleue.


- Revers des rinceaux : préparation blanche, ocre.



3. Intervention plus récente


Application de bronzine dorée ou argentée dans les lacunes, le bandeau dans la chevelure de saint Georges et le turban de sainte Barbe.

Dimensions
Hauteur : 
134
Largeur : 
56
Profondeur : 
5,5
Unité de mesure : 
Commentaire Dimensions : 

volet senestre

Hauteur : 
134
Largeur : 
53,5
Profondeur : 
5,5
Unité de mesure : 
Commentaire Dimensions : 

volet dextre

Hauteur : 
46,5
Largeur : 
169
Profondeur : 
30,5
Unité de mesure : 
Commentaire Dimensions : 

prédelle

Représentations
Commentaire Représentations : 

La dévotion à un groupe de saints considérés comme intercesseurs ou auxiliateurs auprès de Dieu apparaît au 14e siècle au couvent des Dominicains à Ratisbonne. De l’Allemagne danubienne, le culte se répand en Franconie à la suite de la vision d’un berger en 1446 à Langheim, abbaye cistercienne du diocèse de Bamberg, puis se répand dans le reste de l’Allemagne, en Hongrie et jusqu’en Suède. Retable ouvert, les figures sculptées représentent, sur le volet dextre, les saints Cyriaque, Guy et Gilles, dans la caisse, les saints Acace (ou Eustache), Christophe, Erasme, Blaise, Georges, Pantaléon, Nicolas et Eustache (ou Acace), sur le volet senestre, les saintes Catherine, Barbe et Marguerite. Retable fermé, sur le volet dextre sont peints les saints Eustache (?), Christophe, Georges, Blaise et Pantaléon, sur le volet senestre, saint Acace, les saintes Catherine, Barbe et Marguerite, saint Blaise. Sur la prédelle sont peintes sainte Catherine, la Vierge à l'Enfant et sainte Barbe.

Créations / exécutions
Personne liée à l'oeuvre : 
Lieu de création : 
Type de date : 
Date de création : 
1490 - 1500
Historiques de collection
Date Propriété : 
1949
Collection : 

Provient de Kronach (Haute-Franconie). Restauré à Munich vers 1866. Collection Atherton Curtis (Brooklyn, 1863 - Paris, 1943). Don d'Atherton Curtis et de son épouse, née Ingeborg Flinch (? 1943), sous réserve d'usufruit, 1939. Délivrance du don en 1949.

Source
source : Institut national d'histoire de l'art (France) / Musée du Louvre (Paris) - licence : Attribution 4.0 International (CC BY 4.0)
Rédacteur
Sophie Guillot de Suduiraut