Verrière de l'Histoire d'Ananie
Verrière de l'Histoire d'Ananie
fenêtres hautes du chœur ; côté sud ; baie 108
Baie composée de trois lancettes et d'un tympan à cinq ajours.
Lancettes : le corps d'Ananie est emporté sous le regard de saint Pierre ; Ananie remet à la communauté la moitié des pièces d'or que lui a rapportées la vente de son champ ; scène non identifiée où est représenté saint Pierre (anciennement baie 106 ?) ; inscriptions modernes.
Tympan : scènes de l'Histoire d'Ananie.
Cette verrière appartient à un cycle figurant les Actes des Apôtres. La première verrière du côté sud du chœur (baie 108) présentait, comme les fenêtres du côté nord, deux registres de scènes figurées et a sans doute été éclaircie de la même façon. Les deux suivantes (baies 110 et 112) étaient composées d’une seule scène figurée dans le registre supérieur et de donateurs dans le soubassement, replacés aujourd’hui dans le soubassement de la baie 114 du transept (Pillet 2010, p. 285).
Selon Rafaël Villa (2024, p. 310-312), les figures montrent de fortes analogies avec la manière du peintre parisien Baptiste Pellerin, en particulier ses œuvres datées autour de 1550, comme les Heures Gouffier (New York, The Morgan Library & Museum, ms. M. 538) et les Heures d'Anne de Montmorency (Chantilly, musée Condé, ms. 1476). Le positionnement des personnages dans l'espace montre également des parentés avec un projet dessiné de Pellerin (Chicago, Art Institute, inv. n°1992.261, v. 1569-1575) sans doute destiné à une verrière de la même église. Si ce dessin à la plume ne correspond à aucun vitrail conservé, la forme des remplages du tympan pourrait convenir aux fenêtres de la sixième chapelle méridionale du déambulatoire de Saint-Merry, seule église parisienne subsistante qui possède ce type de réseau (Grivel, Leproux et Nassieu-Maupas 2014, p. 144).
D'après le déroulement de l'Histoire d'Ananie et en considérant que cette verrière possédait à l'origine deux registres, la lancette gauche actuelle devait se trouver au centre du registre inférieur et la lancette centrale à gauche du registre supérieur. A l'origine, devait figurer au centre du registre supérieur, l'actuelle lancette centrale de la baie 110. Toute la partie supérieure du soufflet de droite du tympan est faite de bouche-trous. Selon Elisabeth Pillet (2010, p. 285), la lancette de droite proviendrait du tympan, car les parties anciennes, insérées dans des compléments modernes, dessinent la forme d'un des ajours de la baie. Plus récemment, Rafaël Villa (2024, p. 312-313) a proposé de rattacher cette lancette à la baie 106, aujourd'hui dépourvue de vitraux mais dont on a proposé de reconnaître les fragments de la décoration dans plusieurs panneaux relatifs à saint Pierre remontés en baie 114.
Cette verrière a été restaurée par Prosper Lafaye en 1848 (inscription tête de lancette). Aucun relevé avant restauration ne nous éclaire sur la nature de l'intervention. Lafaye a dû insérer un panneau supplémentaire entre les parties figurées et les têtes de lancettes pour obtenir une composition de même hauteur que celle des baies voisines. On remarque plusieurs têtes refaites assez maladroitement, notamment dans la lancette gauche celle d'un des hommes soutenant Ananie et celle d'Ananie dans la lancette centrale. Il existe au musée Carnavalet un panneau formé d'un personnage principal et de deux têtes, le tout complété par des bouche-trous qui pourrait provenir de cette verrière (Pillet 2010, p. 285).
inscriptions en partie anciennes mais fragmentaires
[cette verrière a été restaurée en 1848]
inscription du peintre-verrier Prosper Lafaye (1848)
verrière probablement réalisée d'après un modèle ou carton du peintre Baptiste Pellerin (Rafaël Villa 2024, p. 310)
L’église Saint-Merry est reconstruite au début du XVIe siècle : les travaux commencent par la nef. Le chœur est achevé en 1552. Les vitraux les plus anciens sont ceux de la nef, terminée peu avant 1520. Le chœur et le transept sont vitrés au milieu du XVIe siècle.
Les seuls programmes iconographiques qui demeurent cohérents se situent dans les fenêtres hautes de la nef et du chœur : huit verrières de la nef représentent au nord, l'Histoire de sainte Marie-Madeleine (baie 125), des scènes de la Vie publique du Christ (baie 123), suivies de la Vie de saint Jean-Baptiste (baie 121) et de celle de l'apôtre saint Thomas (baie 119). Du côté sud, depuis l'entrée du vaisseau, les verrières mettent en scène des scènes de la Vie de saint Nicolas de Myre (baie 126), de sainte Agnès (baie 124) et de saint François d'Assise (baie 122), ainsi que des épisodes de la Vie de la Vierge (baie 120). Dans le chœur se déroulent, au nord, des scènes de l'Histoire de saint Joseph, et au sud, plusieurs épisodes de l'Apostolat de saint Pierre en Palestine tirés des Actes des Apôtres (baies 108 à 110). Quelques fragments de vitraux anciens sont conservés dans les chapelles des bas-côtés : une Trinité (baie 11), Jésus chez Marthe et Marie (baie 13), trois panneaux isolés dans la baie 5, ainsi que des médaillons figurant des épisodes de la Vie de la Vierge, des figures de saints et des sibylles (baies 1 et 2).
Les sujets traités ne constituent pas un programme iconographique clairement défini, mais la juxtaposition des thèmes est probablement due aux exigences des commanditaires dont les représentations ou les armoiries ont disparu avec les panneaux inférieurs.
immeuble par destination
élément d'une verrière (panneau provenant d'une lancette de la baie 108)
Elément d'une verrière (lancette centrale de la baie 110 provenant de la baie 108) . Verrière appartenant à un même cycle iconographique.
verrière appartenant à un même cycle iconographique
p. 55.
p. 52-53.