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Berthelot, Joseph

Statut
Publiée
Contributeur
jnorindr
Dernière modification
03/04/2023 14:29 (il y a environ 2 mois)
Type de personne
Type de personne : 
Noms
Nom : 
Berthelot
Prénom : 
Joseph
Titre : 
baron de Baye
Qualificatif : 
Sexe : 
Nationalité : 
Nom : 
Baye
Prénom : 
Joseph de
Titre : 
marquis (à partir du 27 août 1921)
Naissance et mort
Date de naissance : 
31 janvier 1853
Lieu de naissance : 
Date de mort : 
30 mai 1931
Lieu de mort : 
Adresses
Type d'adresse : 
Date de l'adresse : 
1877 - 1885
Adresse : 

15 avenue de Matignon puis 75 boulevard Malesherbes

Code postal : 
75008
Ville : 
Type d'adresse : 
Date de l'adresse : 
1853 - 1931
Adresse : 

Château de Baye

Code postal : 
51270
Ville : 
Type d'adresse : 
Date de l'adresse : 
1885 - 1931
Adresse : 

58 avenue de la Grande Armée

Code postal : 
75016
Ville : 
Professions / activités
Type de profession / activité : 
Biographie
Commentaire biographique : 

Né dans un milieu aristocratique légitimiste de la Marne, le baron Joseph de Baye fait ses études au lycée de la rue de Vaugirard, à Paris. C’est à tort qu’on lui attribue parfois le titre de comte de Saint Laurent, qui a été en fait transmis à son frère, Jean de Baye (1857-1930). C’est par son cousin, Louis-Charles de Fayolles, comte de Mellet (1804-1882), que Joseph de Baye s’est intéressé à l’archéologie suite aux ramassages réguliers d’outils préhistoriques. Cette collecte s’est principalement faite en accompagnant son père à la chasse sur les terres du plateau de La Vieille Andecy, à Villevenard (Brisson A. et Guillaume P., 1964). Il en est donc arrivé très rapidement à tenter de vouloir répondre à la question suivante : qui étaient ces hommes et ces femmes ayant laissé tant d’outils dans les proches environs du château parental (Brisson G., 1964) ?

Au cours de sa vie, il va traverser trois périodes d’activités distinctes. La première est consacrée à l’archéologie champenoise et à l’enrichissement d’une collection régionale par une suite de fouilles et d’achats. Elle aboutit à la donation à l’État, pour le musée d’Archéologie nationale, de sa collection d’antiquités préhistoriques, celtiques, gallo-romaines et mérovingiennes en 1906 et à l’inauguration, dans ce même musée, d’une salle portant son nom le 21 janvier 1909. La deuxième période est celle tournée vers la Russie. Elle s’accompagne chaque année d’une mission sans frais du ministère de l’Instruction publique. La dernière période est celle de l’homme âgé, malade et diminué. Elle suit son retour de Russie et, malgré les efforts du baron, ne peut plus être aussi productive que les précédentes.

La période champenoise

Elle débute en 1871 et s’achève en 1890. Le baron de Baye fait ses toutes premières armes sur des sites archéologiques celtiques, gallo-romains et mérovingiens (Morains, Aulnay-aux-Planches, Connantre, Broussy-le-Grand) explorés en partie par d’autres avant lui autour des marais de Saint-Gond. Puis, accompagné de son précepteur, l’abbé Louis Alphonse Bordé (1824-1899) (Charpy J.-J., 2013), il cherche, dans un premier temps sur les terres familiales (Villevenard, « Le Chenail ») puis en d’autres villages. C’est une information parvenue par le bouche à oreille qui lui permet de commencer à explorer, en mars 1872, une première nécropole à hypogées à Courjeonnet (« La Pierre Michelot »), en limite de Villevenard, sur la propriété d’Eugène Ferrat. Quelques semaine plus tard, il œuvre à Coizard-Joches (« Le Razet »), où il met au jour le plus grand cimetière de ce type, contenant au moins trente-sept monuments (hypogées). C’est ainsi que, jusqu’en 1873, il fouille plus d’une centaine d’hypogées néolithiques à Courjeonnet (« Les Houyottes »), à Villevenard (« Le Bas des Vignes » et « Les Ronces »), à Oyes (« Au-dessus du Moulin »), et d’autres encore en un lieu mal localisé de cette commune et enfin à Vert-la-Gravelle (« La Crayère »). C’est cependant à tort qu’on lui attribue la découverte de sépultures collectives dans le village de Baye. Conscient de l’intérêt que représentent ces monuments pour la science archéologique, il réunit les fonds et acquiert les parcelles de deux sites, aujourd’hui classés monuments historiques : Coizard-Joches (« Le Razet ») et Courjeonnet (« Les Houyottes »). Ce sont précisément les cimetières ayant livré des sculptures (haches polies emmanchées et figurations humaines) en bas-relief taillées dans la craie.

C’est donc un jeune autodidacte de moins de vingt ans qui met au jour le plus vaste ensemble de monuments funéraires néolithiques creusés dans le substrat crayeux de la Marne. Les ossements recueillis (crânes et os longs) sont envoyés à Paris auprès des spécialistes de l’anthropologie (collection au musée de l’Homme) afin que cette science naissante apporte son lot d’informations. Ce geste illustre la pensée novatrice du baron de Baye. Dans le même temps, ses parents, d’abord réticents à ce genre de recherches, vont l’aider en faisant réaliser des travaux dans l’aile nord du château afin de pouvoir abriter dignement les trouvailles de leur fils puis d’accueillir les participants au Congrès archéologique de France, tenu à Châlons-sur-Marne en 1875, pour lequel l’un des organisateurs n’est autre que le comte de Mellet. Afin de mieux faire connaître les collections, le musée est ouvert à qui en fait la demande. Il voit ainsi passer les plus grandes sommités européennes de l’archéologie préhistorique.

L’année 1880 marque un tournant avec la fin active des recherches de terrain. Le baron se repose sur quelques personnes de confiance formées à son contact et dont il apprécie la probité. Les années qui suivent sont surtout celles d’acquisitions faites auprès de paysans. Elles lui sont signalées par son réseau constitué dans le milieu catholique. C’est par ce biais que sont entrés au musée de Baye tous les objets de provenance éloignée de la région des marais (vallée de la Marne, secteur Reims, Châlons ou Suippes). Le jeune baron synthétise ses recherches néolithiques dans une monographie, L’Archéologie préhistorique (de Baye J., 1880 ; 1888). Mais son intérêt se porte aussi sur la période mérovingienne, civilisation considérée par l’aristocratie comme fondatrice de la France de l’Ancien Régime ; elle est aussi celle qui voit les débuts de la diffusion du christianisme dans les campagnes. Le mobilier mis au jour dans les tombes du haut Moyen Âge explorées à Joches, Villevenard ou Oyes n’ira pas sans interférer, dans la seconde période de sa vie, lorsque le baron découvrira celui attribué au peuple des Goths. Il ne dédaigne pas non plus faire procéder à quelques recherches dans les nécropoles gauloises, dont le nombre fait la notoriété de la Champagne dans la seconde moitié du XIXe siècle. Il effectue nombre d’achats (Charpy J.-J., 2013), dont les ensembles lorsqu’ils existent sont cependant souvent beaucoup moins fiables (tombe dite de La Cheppe, la tombe à char de Flavigny, Marne) que ses travaux personnels (de Baye J., 1891 ; Charpy J.-J., 2017 ; 2018 ; 2019).

Joseph de Baye abandonne l’archéologie régionale, voyant le milieu scientifique préhistorique le lâcher en raison de son interprétation d’une partie des hypogées néolithiques comme étant des habitations (de Baye J., 1880 ; 1888). Dans le domaine de la protohistoire, il écrit que le torque était porté par les hommes (de Baye J., 1886) en fondant son raisonnement sur les représentations figurées de divinités gauloises et sur les sources antiques écrites. Face aux fouilles de ses contemporains, il émet l’avis suivant : « Les pièces anatomiques qui se trouvaient dans les tombes ont été négligées. Sur ces faits peu nombreux, imparfaitement constatés par des hommes dont plusieurs étaient sans expérience, quelques archéologues ont conclu que le collier était un ornement exclusivement réservé aux femmes » (de Baye J., 1886). Ses positions tranchées ont pesé plus lourd que ses apports réels, qui de ce fait ont été délaissés. Il est évident que son caractère touche-à-tout, bien perceptible dans ses travaux, a favorisé la mise en lumière de certaines de ses carences. Cela transparaît de temps à autre dans les échanges conservés. Citons Émile Cartailhac (1845-1921), qui, dans une lettre du 26 juin 1890, lui écrit : « Même vous qui faites un travail pour combler les trous de la théorie Bertrand, vous n’avez pas lu les ouvrages concernant le Midi » (AM Épernay). Ces exemples offrent une bonne idée de l’entêtement du personnage dans un schéma de pensée qu’il s’est lui-même construit parfois sur la marge des résultats obtenus par ses confrères. À la suite des reproches exprimés même par ses amis (Gabriel de Mortillet [1821-1898], Émile Cartailhac), il choisit de s’exclure de la recherche archéologique nationale, et ce n’est que très lentement qu’il en tire les leçons. Néanmoins, on retiendra de son activité champenoise qu’on lui doit un considérable apport à la connaissance de la période reconnue aujourd’hui comme le Néolitique récent (3500-2900 avant J.-C.) tant par la description des monuments funéraires que par leurs publications, même si celles-ci présentent les défauts de l’époque. Il faut ajouter à ce premier constat sa pratique de l’archéologie expérimentale, comme il en fait la démonstration par la fabrication des flèches à tranchant transversal. On doit encore souligner son souci de voir conforter les résultats de ses études de terrain par la toute jeune science anthropologique, avec les études des ossements qu’il propose au Muséum d’Histoire naturelle de Paris. Enfin, il faut signaler qu’il est probablement le premier à avoir fouillé, dès 1872, une minière d’exploitation de silex à Coizard (« La Haie Jeanneton »).

La période russe

Elle débute en janvier 1890 avec la participation du baron de Baye au Congrès archéologique de Moscou et s’achève avec son retour en France à l’automne 1920. On s’est longtemps interrogé sur les causes du revirement qui le conduisent à regarder vers la Russie. Plusieurs facteurs sont à envisager. En premier lieu, il faut évoquer son souci de trouver une origine à certaines pièces néolithiques, telles les haches polies, dont la nature de la roche est exogène à la région. À cela, il faut ajouter sa participation à de nombreuses rencontres scientifiques : elles lui ont permis d’entrer en contact avec des collègues russes (la comtesse Ouvarova, le comte Bobrinskoy). Un autre ancrage avec l’Empire russe se produit alors qu’il travaille sur la période des invasions et qu’il découvre le parallélisme évident entre des fibules de Kertch et celles mises au jour en Champagne et dans d’autres pays. Reprenons ses propos : « Les archéologues, guidés par de nombreuses fouilles faites partout, commencent à diriger leurs recherches vers le point de départ de l’industrie propre aux peuples envahisseurs du IVe au VIIIe siècle » (de Baye J., 1888). En second lieu, il faut aussi retenir les relations de sa famille avec les milieux russes et les hauts dignitaires de la cour impériale fréquentant Paris. Il est à mentionner que le grand-père, le père et l’oncle du baron sont des membres permanents, au moins depuis 1864, du Cercle de l’Union (Charpy J.-J. et Danilova O., à paraître), qui rassemble l’élite royaliste française ; ce club accueille aussi des représentants du régime tsariste. Une autre raison existe, même si elle paraît à première vue anecdotique. Elle concerne les liens étroits existant entre les familles de Baye et Galitzine, comme le montre clairement un courrier daté du 17 octobre 1868 (APR) écrit par le jeune baron à son père : « Moi qui aimais tant les Galitzine, certes après ma famille, c’étaient eux que j’aimais le plus. » À l’acceptation très rapide du baron parmi l’aristocratie russe viennent s’ajouter aussi son rang et les distinctions reçues pour ses travaux des cours d’Espagne (1877), d’Italie (1880), du Portugal (1881), de Roumanie (1882) et même du Vatican (1882).

En se tournant vers la Russie, il retrouve aussi une ambition d’adolescent, celle d’exercer une fonction diplomatique. Il exprime ce souhait dans une lettre non datée (circa 1868) adressée à Amélie de Böhm, sa grand-mère. Le passage est bref et clair : « La diplomatie, je tiens toujours à cela ; je ne rêve que de cela, être employé dans les ambassades : au moins on est utile à son pays et c’est déjà beaucoup et c’est si agréable de voyager, voilà un moyen de s’instruire, d’embellir la France. […] Oui, j’espère être utile à mon pays, et j’y tiens beaucoup. Comme cela on sert à quelque chose et on rend son nom immortel ! » (APR). Au-delà de la pointe d’orgueil que manifeste le propos, il est aisé de percevoir l’homme que le baron est devenu par la suite. Déjà perce le sens de son action et il correspond à ce qu’il a réalisé au cours de ses années d’activité. Il a œuvré à faire connaître la Russie : culture, art, industrie, histoire, archéologie, géographie, légendes… Il est fier de pouvoir illustrer le pays qu’il considère comme sa seconde patrie – ce qu’il aime à dire et à écrire. Tel est l’objectif envisagé par les expositions d’objets rapportés, par ses publications, par ses nombreuses conférences, par ses articles de presse, etc. Les mêmes principes valent quand il offre au Musée historique impérial de Moscou des souvenirs des manœuvres militaires de Kronstadt et de Toulon, ou bien quand il aide la princesse Tenicheva (1858-1928) à organiser une exposition des peintres russes à Paris.

Ses premiers séjours dans l’empire sont liés à sa participation à des congrès archéologiques. Il met ces opportunités à profit pour visiter les musées, enrichir sa connaissance et nouer des liens avec de nouveaux confrères. C’est après quatre années de maturation qu’il se propose de voyager plus loin dans le pays en allant vers l’est, au-delà de l’Oural, mais des raisons de santé contrarient ses projets. C’est après avoir accompagné le comte S. D. Cheremetev (1844-1918) au Caucase que le baron prend goût à ces contrées qui lui offrent un climat plus favorable : par la suite, chaque séjour s’achève par un passage plus ou moins long en Géorgie. Les missions qui lui sont accordées sont toutes motivées par des études archéologiques et ethnographiques dans l’empire, avec pour thème la Russie orientale et la Sibérie de 1895 à 1897, le Caucase de 1898 à 1901 et en 1903, l’Ukraine en 1902, la Lituanie en 1904 et la Crimée en 1905. Cette dernière mission est cependant écourtée du fait des événements politiques et de l’insécurité. Elle marque aussi la fin des voyages considérés comme « d’exploration ». Lors de ses déplacements, Joseph de Baye profite de ses appuis scientifiques (Savenkov, Polivanov, Tolstoï), politiques (invitation du prince Bariatinsky au Daghestan, du prince Mirsky en Lituanie), techniques (G. O. Clerc ou Valouïev en Sibérie) pour organiser ses périples. Il est donc aidé et accompagné tout au long de ceux-ci : le baron n’est pas un explorateur au sens premier du terme mais un voyageur. Par ailleurs, il ne faut pas négliger les conseils de son ami le comte S. D. Cheremetev, comme le confirme une lettre du 29 mars 1898 dans laquelle Joseph de Baye écrit au ministre français de l’Instruction publique que « le comte Cheremetev a écrit au ministre [russe] pour dire qu’il s’engageait à faciliter [s]es recherches et à [l]’accompagner » de Moscou à Arkangel (AN, F 17/2936 B).

Cette relation d’amitié étroite contribue à faire planer des réticences au sein du comité du ministère de l’Instruction publique qui attribue les missions. D’autre part, les comptes rendus quelque peu généralistes qu’il a fait des congrès archéologiques ont aussi participé à faire émettre par certains des réserves sur son action. Ceci se perçoit lorsqu’il demande, en 1895, l’autorisation de se rendre dans l’Oural. Alexandre Bertrand (1820-1902), directeur du musée des Antiquités nationales, sans méconnaître le zèle du baron ne trouve pas que ses travaux antérieurs en Russie doivent motiver une mission officielle pour « entreprendre dans ce pays des fouilles archéologiques. D’ailleurs les objets recueillis ne parviendraient pas tous dans nos musées, les fouilleurs mercenaires ayant là-bas l’habitude de conserver pour eux les spécimens les plus intéressants ». Et on lit plus loin que, lors de la séance du 10 juillet 1893, Alexandre Bertrand, dans une note relative au congrès de Moscou d’août 1892, émet l’avis suivant : « Il paraît superflu de publier le compte rendu de M. de Baye » (AN, F 17/2936 B). Le baron se voit ainsi opposer des reproches dont les causes remontent, pour une part, à ses positions tranchées que l’on a déjà évoquées, mais aussi à une forme de rivalité, qui sera encore plus flagrante avec Salomon Reinach (1858-1932).

Contrairement à ce qu’on peut lire quelquefois, ce sont bien des événements familiaux douloureux, le procès contre son frère pour rendre caduc le testament de sa mère, l’échec de cette procédure puis les difficultés pour racheter à son frère le château ancestral de Baye, qui le conduisent à rester en France en 1906. Les missions qui vont suivre, de 1907 à 1914, sont orientées vers des recherches plus littéraires (de Baye J. et Girardin F. de, 1912) ou historiques (de Baye J., 1908 ; 1909) faute d’aisance financière. Celles-ci sont en partie suggérées par le comte S. D. Cheremetev autour de ses nombreux biens et de ses archives. Puis le baron se consacre avec un fort engagement, non sans de nombreuses difficultés, à la création d’une collection française pour le projet de musée consacré à la bataille de Borodino en 1812.

Les dernières et longues années passées en Russie consécutives à son impossibilité de revenir en France pour raison de guerre vont terriblement éprouver Joseph de Baye. Il souffre de l’éloignement des siens, de savoir sa femme et sa fille cadette œuvrer dans des ambulances militaires près du front, de voir évoluer et se développer son cancer malgré des soins de plus en plus lourds. Jusqu’en 1917, il ne change guère ses habitudes de vie, sauf à subir comme tout un chacun les restrictions dues au conflit. Il n’a plus guère de goût pour la recherche. C’est sur une demande de la comtesse Ouvarova (1840-1924) qu’il s’adresse à ses amis français pour constituer un fonds documentaire photographique sur les exactions de l’armée allemande en Belgique et en France. Cet appel reste quasi sans effet. Il réorganise alors le projet en une série de cinq conférences sur les causes et les conséquences de la guerre. Elles constituent un plaidoyer à la charge du Reich qu’il publie. Avec la révolution d’Octobre et les changements politiques qui s’ensuivent, la situation du baron se dégrade tant au plan physique que psychique. Il connaît deux hospitalisations et est soumis à des soins nécessaires tous les deux jours. Contraint de vendre ses effets personnels, il gagne quelque argent en peignant des cartes postales. Dans cette période troublée, il subit comme d’autres Français des humiliations et deux arrestations, et voit avec grand chagrin mourir son ami le comte Cheremetev sans pouvoir lui apporter aucune aide. C’est le prince Chtcherbatov qui lui sauve la vie en obtenant l’autorisation de le loger au Musée historique de Moscou et en lui faisant allouer une somme pour l’aider à rembourser ses dettes médicales en échange d’un travail sur les Goths. Le baron de Baye quitte définitivement Moscou à la fin du mois d’août 1920 et est rapatrié sanitaire via Stockholm où il est hospitalisé, après un mois de quarantaine à la frontière finnoise, avant de revenir en France et d’arriver à Paris dans la nuit du 5 au 6 octobre.

Les voyages en Sibérie

Ils sont au nombre de trois. Le baron de Baye en a donné des résumés détaillés par des descriptions de monuments, de paysages, de populations, de croyances et légendes, etc. Ces voyages sont directement liés à ses conférences données à la Société de géographie de Paris (de Baye J., 1896a ; 1897 ; 1898) et reflètent pleinement le carnet du voyageur qu’il a été. Aussi n’est-on point étonné que, le 15 avril 1897, il lui est demandé par Paul Boyer « de bien vouloir indiquer au comité des précisions sur l’objet de sa mission, de lui fournir les indications utiles pour son voyage, de l’entretenir du plan d’exécution des fouilles qu’il compte faire et où il y a intérêt à les pratiquer » (AN, F 17/2936 B). Lorsque le baron évoque la Sibérie, il dit « ne pas pouvoir séparer archéologie et ethnographie tant ces deux sciences s’éclairent mutuellement dans le pays » (AN, F 17/2936 B) et que « l’étude des antiquités et des populations locales vous conduit vers l’Asie » (de Baye J., 1896a). La lecture de ses comptes rendus permet de comprendre que chaque voyage marque une progression vers l’Orient qui l’a conduit jusque sur les rives du Ienisseï. Un opuscule complémentaire constitue le catalogue de l’exposition des objets rapportés du premier séjour (de Baye J., 1896b). Malheureusement, une congestion pulmonaire contractée en mars 1897 accentue la grande fragilité respiratoire de Joseph de Baye et c’est sur avis médical qu’il se voit contraint d’abandonner la Sibérie pour se tourner vers le Caucase. Il est à remarquer que la première photographie signée du baron est publiée pour illustrer son opuscule De Penza à Minoussinsk (de Baye J., 1898 ; Charpy J.-J., 2018) par les maisons des colons à la station d’Oubinskaïa.

La tentative de retour à des études

La fatigue, les privations connues en Russie et surtout la maladie ont fortement amoindri Joseph de Baye physiquement et intellectuellement. Son réseau scientifique n’est plus et ses appuis au ministère de l’Instruction publique sont beaucoup plus réduits. Des soucis familiaux viennent alourdir sa situation. Après deux années difficiles, il ne trouve plus la force que de travailler sur le sujet des carreaux historiés du Moyen Âge et tente un petit retour sur l’archéologie champenoise. Il met aussi ses dernières forces dans l’aide aux émigrés russes et dans un soutien au gouvernement géorgien en exil. Il se lance tout de même dans un projet, né chez lui bien avant la guerre, celui de créer un musée d’Art russe. Pour ce faire, il s’adresse à la paroisse orthodoxe Saint-Serge de Paris, mais la tentative échoue. Pour de multiples raisons, les collections sont versées à l’Institut des études slaves (APR). Sa fille Yolande donne, quelque temps après le décès de son père en 1931, un petit complément d’archives à l’Institut, et un autre à la Bibliothèque nationale puisé parmi les documents restés au château de Baye.

Article rédigé par Jean-Jacques Charpy

Commentaire biographique : 

Born into a legitimist aristocratic milieu in the Marne, the Baron Joseph de Baye was educated at the Lycée de la Rue de Vaugirard, in Paris. He is occasionally mistakenly given the title of the Comte de Saint Laurent, a title that was in fact transmitted to his brother, Jean de Baye (1857–1930). It was through his cousin, Louis-Charles de Fayolles, Comte de Mellet (1804–1882), that Joseph de Baye started to take an interest in archaeology following regular discoveries of prehistoric tools. This collection was mainly assembled when he accompanied his father during hunts on the land of the plateau of La Vieille Andecy, at Villevenard (Brisson, A., and Guillaume, P., 1964). Very soon he attempted to find an answer to the following question: who were these men and women who left behind so many tools in the area around the parental château (Brisson, G., 1964)?

During his life, he went through three distinct periods of activity. The first was devoted to archaeology in the Champagne region and the enrichment of a regional collection though a series of excavations and purchases. It resulted in a donation to the State, for the Musée d’Archéologie Nationale, of his collection of prehistoric, Celtic, Gallo-Roman, and Merovingian antiquities in 1906, and in the inauguration, in the same Museum, of a room named after him on 21 January 1909. The second period was focused on Russia. Each year, it involved a mission without expenses from the French Ministry of Public Instruction. The last period was that of an old, sick, and weakened man. It followed his return from Russia and, despite the Baron’s best efforts, was no longer as productive as the previous periods.

The Champagne period

It began in 1871 and ended in 1890. The Baron de Baye gained his first experience as an archaeologist on Celtic, Gallo-Roman, and Merovingian (Morains, Aulnay-aux-Planches, Connantre, and Broussy-le-Grand) archaeological sites that had been partly explored by others before him around the marshes of Saint-Gond. Then, accompanied by his tutor, the abbot Louis Alphonse Bordé (1824–1899) (Charpy J.-J., 2013), he started exploring, initially on his family’s land (‘Le Chenail’, Villevenard) and then in other villages. Information he received by word of mouth enabled him to start his explorations, in March 1872, of the first hypogeal necropolis at Courjeonnet (‘La Pierre Michelot’), at the limit of Villevenard, on Eugène Ferrat’s property. Some weeks later, he began work at Coizard-Joches (‘Le Razet’), where he unearthed the largest cemetery of this type, containing at least thirty seven (hypogeal) monuments. Thus, until 1873, he excavated more than one hundred Neolithic hypogeal structures at Courjeonnet (‘Les Houyottes’), at Villevenard (‘Le Bas des Vignes’ and ‘Les Ronces’), at Oyes (‘Au-dessus du Moulin’), and others in a place that is difficult to locate in this commune and at Vert-la-Gravelle (‘La Crayère’). However, he was mistakenly attributed with the discovery of collective sepulchres in the village of Baye. Aware of the interest these monuments represented for archaeological science, he raised funds and acquired the parcels of the two sites, which are now classified as historical monuments: Coizard-Joches (‘Le Razet’) and Courjeonnet (‘Les Houyottes’). It was in these cemeteries that bas-relief sculptures were found (polished sleeved axes and human figurations) carved into the chalk.

Hence, the largest ensemble of Neolithic funerary monuments buried in the chalky substrate of the Marne was unearthed by a self-taught young man under the age of twenty. The bones discovered (skulls and long bones) were sent to Paris for examination by anthropological specialists (collection in the Musée de l’Homme), so that this emerging science could contribute its own conclusions. This initiative attests to the Baron de Baye’s innovative approach. At the same time, his parents, who were initially reticent about this kind of research, assisted him by carrying out work on the northern wing of the château in order to create an area to house their son’s discoveries and subsequently accommodate the participants at the Congrès Archéologique de France, held in Châlons-sur-Marne in 1875, one of whose organisers was none other than the Comte de Mellet. To promote the collections, the museum was open to whomsoever made the request. Henceforth, the most prominent European luminaries of prehistoric archaeology met there.

1880 marked a turning point, as his active explorations in the field came to an end. The Baron depended on some trustworthy individuals who were trained by him and whose probity he appreciated. Over the following years his principal occupation involved the acquisition of objects from farmers. He was informed about these objects by a network established in Catholic circles. This is how the Musée de Baye obtained all the objects that originated far away from the marshy region (Vallée de la Marne, the Reims area, Châlons, and Suippes). The young Baron summarised his Neolithic research in a monograph, Achaeology préhistorique (de Baye, J., 1880; 1888). But he was also interested in the Merovingian period, a civilisation considered by the aristocracy as the foundation of the Ancien Régime in France; it also marked the beginning of the spread of Christianity in the countryside. The furniture excavated in the tombs dating from the Early Middle Ages explored in Joches, Villevenard, and Oyes caused some difficulties in the second period of his life, when the Baron discovered furniture attributed to the Goths. He also proceeded to carry out some research in the Gallic necropolises, whose number made the region of Champagne famous in the second half of the nineteenth century. He made many acquisitions (Charpy, J.-J., 2013), whose ensembles, when they existed, were, however, often less sure (the tomb known as La Cheppe, and the chariot tomb at Flavigny, in the Marne) than his own work (de Baye, J., 1891; Charpy, J.-J., 2017; 2018; 2019).

Joseph de Baye abandoned regional archaeology when he saw that the prehistoric scientific milieu no longer backed him due to his interpretation of some of the Neolithic hypogeal structures as being habitations (de Baye, J., 1880; 1888). In the field of proto-history, he wrote that the torcs were worn by men (de Baye, J., 1886), basing his reasoning on the figurative representations of Gallic gods and written antique sources. Referring to the excavations conducted by his contemporaries, he made the following statement: ‘The anatomical articles found in the tombs have been neglected. Based on these relatively rare finds, imprecisely described by men, several of whom had no experience, some archaeologists have concluded that the necklace was an ornament exclusively worn by women’ (de Baye, J., 1886). His forthright opinions had a greater impact than his actual contributions, which were consequently ignored. It is clear that his tendency to be a dabbler, which is evident in his work, helped to highlight some of his weaknesses. This occasionally emerges in the correspondence that has been conserved. For example, Émile Cartailhac (1845–1921) wrote in a letter dated 26 June 1890: ‘Even you, who attempt to fill the gaps in Bertrand’s theory, have not read the works relating to the Midi’ (AME). These examples give a good idea of de Baye’s stubborn way of thinking that he sometimes developed, based solely on results obtained by his confrères. Following reproaches made even by his friends (Gabriel de Mortillet (1821–1898) and Émile Cartailhac), he decided to abandon national archaeological research, and he learned his lessons very gradually. Nevertheless, what was important about his activities in the Champagne region was his considerable contribution to knowledge about the period now defined as the ‘Recent Neolithic’ (3500–2900 BCE), both in his descriptions of the funerary monuments and through their publication, even if the latter includes some of the inaccuracies of the times. In addition to this initial observation he also engaged in experimental archaeology, as demonstrated by his fabrication of arrows with transversal tips. Also noteworthy was his desire to have the results of his field studies verified by the recently established science of anthropology, with the study of bones that he gave to the Muséum d’Histoire Naturelle de Paris. Lastly, it is worth noting that he was probably the first person to excavate, as of 1872, a flint mine at Coizard (‘La Haie Jeanneton’).

The Russian period

This period began in January 1890, when Baron de Baye attended the Archaeological Congress in Moscow and ended with his return to France in autumn 1920. The reasons for the complete change of direction that led him to take an interest in Russia have been the subject of conjecture for some time. Several factors may be considered. In the first place, he was eager to explore the origins of certain Neolithic articles, such as polished axes, as the characteristic of the rock used meant that they were exogenous to the region. In addition to that, he took part in many scientific meetings: they enabled him to make the acquaintance of Russian colleagues (Countess Uvarova and Count Bobrinskoy). Another link with the Russian Empire occurred when he was studying the period of the invasions and he discovered the clear parallelism between the Kertch fibulae and those unearthed in Champagne and in other countries. As he stated: ‘Archaeologists, guided by many excavations conducted in many different places, are starting to focus their research on the departure point of the industry proper to the invading peoples between the fourth and eighth centuries’ (de Baye, J., 1888). Secondly, it is important to take into account his family’s relations with Russian circles and the senior officials of the Imperial Court present in Paris. It is worth noting that the Baron’s grandfather, father, and uncle were all permanent members, at least since 1864, of the Cercle de l’Union (Charpy, J.-J., and Danilova, O., to be published), which brought together the French royalist elite; this club also welcomed representatives of the Tsarist regime. There is another reason, even if it appears to be anecdotal. It relates to the close links that existed between the families of de Baye and Galitzine, as clearly attested in a letter dating from 17 October 1868 (APR) written by the young Baron and sent to his father: ‘I held the Galitzines in great esteem, and after my family, of course, I loved them the most’. The very rapid acceptance of the Baron by the Russian aristocracy was complemented by his rank and the distinctions awarded for his work on the Courts of Spain (1877), Italy (1880), Portugal (1881), Romania (1882), and even the Vatican (1882).

By focusing on Russia, he also fulfilled an ambition he had nurtured since he was a teenager—that of working in the diplomatic service. He expressed this wish in an undated latter (circa 1868) sent to Amélie de Böhm, his grandmother. The passage in question is brief and clear: ‘I’m still very interested in diplomacy; I dream only of working in the embassies: at least it is a way to serve one’s country and that is already something, and I do love travelling abroad; it is an excellent way to educate oneself and promote France. […] Yes, I hope to be useful to my country and it means a great deal to me. It is a way to be useful and immortalise one’s name!’ (APR). Aside from the rather immodest tone of his writing, it does illustrate the character of the man that the Baron subsequently became. His approach was already evident and matched his achievements during his most active years. He worked hard to disseminate Russia’s culture, art, industry, history, archaeology, geography, and legends and he was proud to be able to promote the country he saw as his second homeland—which he enjoyed talking and writing about. This was the goal behind the exhibitions of objects he brought back to France, his publications, his many conferences, his press articles, and so on. The same principle applied when he gave the Imperial Historical Museum in Moscow souvenirs of the military manoeuvres of Kronstadt and Toulon, and when he assisted Princess Tenicheva (1858–1928) with an exhibition devoted to the work of Russian painters in Paris.

His first stays in the empire were linked to his participation in archaeological congresses. He took the opportunity on these occasions to visit the museums, further his knowledge, and create links with new confrères. It was after four years of visiting the country that he decided to travel further afield, by heading eastwards, beyond the Ural, but he was prevented from doing so by ill health. It was after accompanying Count S. D. Sheremetev (1844–1918) to the Caucasus that the Baron began to develop a preference for lands with more clement climates: subsequently, each visit ended with a long stay in Georgia. The missions he was entrusted with were all motivated by archaeological and ethnographic studies in the empire, focusing on the theme of eastern Russia and Siberia from 1895 to 1897, the Caucasus from 1898 to 1901, and in 1903, the Ukraine in 1902, Lithuania in 1904, and the Crimea in 1905. The latter mission did however come to an end prematurely due to political events and insecurity. It also marked the end of travels considered as ‘exploration’. During his travels, Joseph de Baye was provided with various forms of support: scientific assistance (Savenkov, Polivanov, and Tolstoy), political support (invitation by Prince Bariatinsky to Dagestan, and Prince Mirsky in Lithuania), and technical help (G. O. Clerc and Valouïev in Siberia) to organise his voyage. Hence, he received help and support throughout his travels: the Baron was not an explorer in the primary sense of the term but rather a traveller. Also worthy of mention is the advice given by his friend Count S. D. Sheremetev, as confirmed in a letter dated 29 March 1898, in which Joseph de Baye wrote to the French Minister of Public Instruction that ‘Count Sheremetev has written to the [Russian] minister to tell him that he was committed to facilitating his research and accompanying him’ from Moscow to Arkangel (national archives (AN), F 17/2936 B).

This close friendship caused some reticence within the committee at the French Ministry of Public Instruction that entrusted him with his missions. Also, the rather generalised reports he made of the archaeological congresses also encouraged some to have reserves about his work. This was evident when in 1895 he requested authorisation to travel to the Ural. Alexandre Bertrand (1820–1902), director of the Musée des Antiquités Nationales, while acknowledging the Baron’s zeal, did not consider that his previous work in Russia warranted an official mission ‘to undertake archaeological excavations in the country. In any case, the objects found do not all end up in our museums, as the mercenary excavators over there tend to hold onto the most interesting specimens’. And further on, during the session of 10 July 1893, Alexandre Bertrand, in a note relating to the Congress in Moscow of August 1892, wrote the following statement: ‘It is quite unnecessary to publish M. de Baye’s report’ (national archives (AN), F 17/2936 B). Hence, the Baron faced criticism that stemmed, in part, from his entrenched views, which have already been mentioned, as well as from a form of rivality, which was even more blatant with Salomon Reinach (1858–1932).

In contrast with some written accounts, it was painful family events, the trial against his brother for making his mother’s will invalid, the failure of this procedure, and finally the difficulties he encountered in buying the ancestral Château de Baye from his brother, which led him to remain in France in 1906. The missions that ensued, from 1907 to 1914, were oriented towards more literary (de Baye, J. and Girardin, F. de, 1912) or historical (de Baye, J., 1908; 1909) research due to a lack of financial means. This was implied by Count S. D. Sheremetev with regard to his many goods and archives. Then the Baron devoted and committed himself¾not without encountering many difficulties¾to the creation of a French collection for a museum project devoted to the Battle of Borodino in 1812.

The last and long years spent in Russia that followed the impossibility of returning to France due to the war were extremely difficult for Joseph de Baye. He suffered greatly from being away from his family, as his wife and youngest daughter were working in military ambulances near the frontline, and from seeing his cancer spread despite increasingly intense treatments. Until 1917, he barely altered his lifestyle, except for undergoing the same restrictions as everyone else due to the conflict. He was no longer interested in his research. It was following a request by Countess Uvarova (1840–1924) that he turned to his French friends to compile a documentary photographic collection on the exactions of the German army in Belgium and France. This appeal had little impact, so he reorganised the project as a series of five conferences about the causes and consequences of the war. They constitute an accusation against the Reich, which he published. With the October revolution and the subsequent political changes, the Baron’s situation deteriorated on both the physical and mental fronts. He was hospitalised twice and had to undergo essential treatment every other day. Obliged to sell his personal belongings, he earned some money painting postcards. In this difficult period, he was subjected, like other French persons, to humiliations and two arrests, and to his great sorrow his friend Count Sheremetev died, without being able to help him in any way whatsoever. It was Prince Shtcherbatov who saved his life, as he obtained the authorisation to allow him to stay in Moscow’s Historical Museum, ensuring he was remunerated to help him cover his medical bills in exchange for carrying out work on the Goths. Baron de Baye left Moscow for good at the end of August 1920 and was repatriated for health reasons via Stockholm, where he was hospitalised, after a month of quarantine on the Finnish border, before returning to France and arriving in Paris during the night of 5 to 6 October.

Travels in Siberia

Three trips were made. The Baron de Baye provided detailed résumés of these journeys through descriptions of monuments, landscapes, populations, beliefs, legends, and so on. These trips were directly related to the conferences he gave at the Société de Géographie in Paris (de Baye, J., 1896a; 1897; 1898) and truly reflected all the information he had acquired on his many travels. So it was not very surprising when, on 15 April 1897, he was asked by Paul Boyer ‘to provide the committee with more details about his mission, useful information for his journey, and present the implementation plan for the excavations he was planning to carry out, and where he intended to do them’ (national archives (AN), F 17/2936 B). When the Baron mentioned Siberia, he stated that he ‘could not separate archaeology and ethnography, as the two sciences complemented one another in the country’ (national archives (AN), F 17/2936 B) and that ‘the study of antiquities and local populations takes one to Asia’ (de Baye, J., 1896a). His reports show that each journey was a further progression towards the East that eventually took him to the banks of the Yenisey River. A complementary opuscule constitutes the exhibition catalogue of the objects brought back from the first sojourn (de Baye, J., 1896b). Unfortunately, a pulmonary congestion contracted in March 1897 exacerbated Joseph de Baye’s respiratory fragility and he was advised by his doctors to abandon Siberia and return to the Caucasus. It is worth noting that the first photograph signed by the Baron was published to illustrate his opuscule De Penza à Minoussinsk (de Baye, J., 1898; Charpy, J.-J., 2018) by the colonial houses at the station of Ubinskaya.

The attempt to resume his studies

Fatigue, the privations experienced in Russia, and above all ill health had an intellectual and physical impact on Joseph de Baye. His scientific network had ceased and his contacts at the French Ministry of Public Instruction were now far less extensive. Family difficulties exacerbated this situation. After two difficult years, he no longer had the strength to study the historiated tiles from the Middle Ages and attempted to resume his archaeological studies in the Champagne region. He also devoted the last bit of strength he had to helping Russian émigrés and supporting the exiled Georgian government. All the same, he started another project, which he had been nurturing well before the War, that of creating a Russian art museum. To this end, he approached the orthodox parish of Saint-Serge in Paris, but this failed. For many reasons, the collections were donated to the Institut des Études Slaves (APR). Some time after the death of her father in 1931, his daughter, Yolande, gave a small complement of archives, which she had found amongst the documents that remained in the Château de Baye, to the Institut, and another to the Bibliothèque Nationale.

Article by Jean-Jacques Charpy (translated by Jonathan & David Michaelson)

Evénements
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Lieu de l'événement : 
Lien événement institutionnel : 

1895-1897.

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Lien événement institutionnel : 

1898-1901 puis 1903.

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Lien événement institutionnel : 

1902

Thèmes d'étude
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Secteur fondamental d'étude : 
Commentaire Thèmes d'étude : 

[Objets collectionnés] silex.

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Secteur fondamental d'étude : 
Commentaire Thèmes d'étude : 

[Objets collectionnés] pierres de diverses natures, céramiques, os.

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Aire géographique étudiée : 
Secteur fondamental d'étude : 
Commentaire Thèmes d'étude : 

[Objets collectionnés] fer, bronze.

Bibliographies / archives
Sources en ligne
Date de consultation : 
22/09/2020
Référence de notice : 
0000 0001 0854 6874
Date de consultation : 
22/09/2020
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Institut national d'histoire de l'art (France)
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Attribution 4.0 International (CC BY 4.0)
Rédacteur
Jean-Jacques Charpy