La Mort de Joab
Tapisserie à grotesques avec médaillon central ovale horizontal.
Le sujet est rare et certainement pas fortuit (I Livre des Rois , 2,:25-34).
Germain Viatte (1965, n°13) a suggéré que cette iconographie semblait souligner la ressemblance de Claude de la Châtre, « courtisan habile et violent, fameux par l'implacable siège de la protestante Sancerre en 1572-1573, avec le vaillant et perfide Joab qui assiégea la Rabbath des Ammonites ».
Commandée par Claude de la Châtre, homme de guerre et futur maréchal de France, cette tapisserie à grotesques intègre des motifs guerriers, dont les deux figures de Mars sous des baldaquins des deux côtés du compartiment central.
Au centre est figurée la Mort de Joab, chef des armées de David, assassiné au pied d'un autel par un envoyé de Salomon.
Le rôle de Nicolò dell'Abate dans la création de tentures de tapisserie n'est pas précisément attesté mais les documents attestent qu'il travailla, au service de Primatice, à l'exécution de grotesques dans la Galerie d'Ulysse (embrasures de fenêtres et cheminées). Deux dessins conservés au musée du Louvre témoignent de son implication dans ce genre décoratif : un carton de grandes dimensions (h. 90 cm ; l. 27 cm ; inv. 12058) et une feuille de l'entourage de Nicolò, qui, par son format, semble bien relative à une pièce de tapisserie (Mercure au milieu de grotesques , inv. 8837).
Ici, les figures du compartiment central, montrant l'assassinat de Joab, sont dan un style très voisin de ses scènes d'histoire antique, comme par exemple Coriolan au camp des Volsques (Vienne, Albertina inv. 14396). La part d'interprétation des lissiers et des usures du tissage ne permet qu'une attribution hypothétique à Nicolò dell'Abate.
Joab agenouillé devant un autel et frappé dans le dos par l'épée de Benaja, sur ordre de Salomon.
[armoiries de Claude de la Châtre avec le collier de l'ordre de Saint-Michel]
[armoiries de Jeanne Chabot, veuve de René-Anne d'Anglure]
{armoiries parties La Châtre et Chabot]
Hypothèse de rapprochement avec NNicolò dell'Abate suggérée par Sylvie Béguin à Germain Viatte en 1965, reprise par Sylvie Béguin en 1972 (notice de Jean Coural et Marie-Hélène Babelon) ; attribution plus ferme avancée par C. Scailliérez (2013, p. 94).
Exposition L'École de Fontainebleau, 1972, n° 451 (Anonyme) p. 344-345 (notice de Jean Coural et Marie-Hélène Babelon : « le style de cette scène centrale - la Mort de Joab - peut-être rapproché de celui d'un dessin pour une tapisserie à grotesques représentant Mercure (Musée du Louvre, inv. 8837) attribué par S. Béguin à l'entourage de Nicolò dell'Abate »).
La commande a pris place entre 1566, date de la réception du commanditaire dans l'ordre de Saint-Michel, et le 31 décembre 1585, jour de sa réception dans l'ordre du Saint-Esprit, dont le collier n'apparaît pas autour de ses armoiries.
Tapisserie commandée par Claude de la Châtre de La Maisonfort (1536-1614), homme de guerre et futur maréchal de France ; acquise par arrêté ministériel du 31 mars 1881, pour la somme de 8000 F, afin d'enrichir la collection naissante du musée des Gobelins ; affectée au musée par arrêté du 24 juillet 1885.
oeuvres apparteant vraisemblablement à une même série
n° 286, pl.57: « Atelier à Fontainebleau, Milieu du XVIe siècle » (notice par Mme Th.M. Duyvené-de Wit Klinkhamer) ; armoiries alors non encore totalement identifiées.
n° 13 (Atelier de Paris ou de Fontainebleau", vers 1570, à rapprocherd'un dessin de l'entourage de Nicolo dell'Abate (Louvre 8837) tant pour le parti d'oragnisation décorative de la pièce que pour le style même de certaines figures.
n° 451 p. 344-345 (notice de Jean Coural et Marie-Hélène Babelon) : « Anonyme ».