Tenture des dieux arabesques, Bacchus
Cette tenture figurant des dieux dans des médaillons ovales en largeur se détachant sur un fond vert sombre (altéré aujourd'hui en bleu) orné de grotesques à l'imitation de la voûte de la galerie d'Ulysse à Fontainebleau a été réalisée sous Henri II car les différentes pièces connues portent son chiffre et ses emblèmes (croissant, couronne royale fermée, fleurs de lis).
Quatre pièces en sont connues : deux, entières, au Mobilier National (Flore, Cybèle) et deux fragmentaires au Musée des Tissus de Lyon (Bacchus, Neptune). Les motifs des grotesques sont en rapport avec la personnalité de la figure centrale.
Les quatre médaillons sont entourés de cadres différents.
La question du lieu de tissage de cette tenture est récurrente dans les commentaires : « atelier de Fontainebleau » ou « atelier de l'Hôpital de la Trinité à Paris » ? Comme le conclut Guy Blazy (1996) : « Qu'elle soit d'origine bellifontaine ou parisienne, cette tenture illustre parfaitement l'art de ce que l'on appelle la première école de Fontainebleau ».
Fragment montrant le médaillon contenant Bacchus, dieu du vin, tronqué sur la gauche.
Probablement ateliers de la Trinité, fondés à Paris en 1551 par Henri II.
Sauval (Antiquités de Paris, 1725, t. II, p. 505) indique que Primatice fournit des dessins pour les tapisseries des ateliers de Fontainebleau.
Dimier (1900 p. 111-113) insiste sur le rôle de Primatice (et de Fantuzzi) dans la création de ces grotesques à la voûte de la Galerie d'Ulysse : « dans quatre au moins [de ces compositions d'arabesques au milieu desquelles des sujets occupent une place de médiocre importance] je n'hésite pas à reconnaitre le dessin de Primatice ». Il est moins sûr de l'invention de Primatice pour les sujets centraux : « Je suis en doute si le sujet de Cybèle est aussi le fait du Primatice, mais ce point nous est de peu » et plus loin, p. 386 : « Je ne garde de doute que quant au sujet de Cybèle ; les autres médaillons son très évidemment du dessin de Primatice ».
Le style des figures des médaillons est inspiré de Primatice ; personnages fortement charpentés, occupant largement l'espace, certains vus de dos (Cordellier 2004).
Certains critiques (Lorenzo Lorenzoni , 2005, p. 478-479) considèrent que l'invention des médaillons revient à Primatice lui-même et ne retiennent le nom de Ruggiro de Ruggieri que pour le fond des grotesques.
Acquis en 1898 par le musée des Tissus et des Arts décoratifs de Lyon.
p. 412-419 (notice de D. Véron-Denise et J. Vittet).