Portrait allégorique de François Ier, roi de France
Estampes & Photographies, Réserve
Portrait en pied de François Ier sur fond bleu recouvert d'une couche noire, sans doute un vernis oxydé. Il porte un costume à l'antique ainsi que les attributs de Minerve (le casque), Mars (l'armure et l'épée), Diane et l'Amour (l'arc et le carquois) et Mercure (les sandales ailées et le caducée). Il n'est pas possible de confirmer si l'œuvre est une enluminure découpée d'un manuscrit, sans doute pour François Ier (Crépin-Leblond 1993), ou s'il s'agit d'une miniature indépendante produite en tant que telle. La doublure du vélin, sans doute avec une carte, pourrait pencher pour la deuxième hypothèse. Crépin-Leblond associe le fond bleu de cette œuvre avec le Recueil du Tillet. Il est plutôt possible de voir ici une convention installée dans les compositions de miniature, également reprise dans le recueil, produit a posteriori.
Cette miniature se serait inspirée d'une composition aujourd'hui perdue : possiblement une fresque perdue mais gravée, la Dispute entre Athéna et Poséïdon, de Rosso Fiorentino pour la galerie François Ier, ou un dessin de Nicolò dell'Abate représentant Moïse (musée du Louvre, cf. Crépin Leblond 1993).
Selon Barbara Hochstetler-Meyer, cette miniature aurait été commandée par Marguerite de Navarre « pour signifier l'amour que la princesse portait à son frère, ce roi d'essence divine, “plus grands que humains“, selon le poète Clément Marot ». (exposition BnF, 2003 ; cf. Hochstetler-Meyer 1995). Rien ne permet cependant de corroborer cette hypothèse.
Cette allégorie royale a par la suite été reprise par Henri II en médaille par Marc Béchot et dans des décors, notamment à la porte de l'hôtel des Tournelles en 1559 par Philibert Delorme.
Pertes de matière picturale en haut à droite, vernis craquelé.
Le vélin a été doublé d'une deuxième couche (carte ?) puis collé a postériori sur une planchette de chêne (Crépin-Leblond 1993).
François en guerre est un Mars furieux, / En paix Minerve et Diane à la chasse, / A bien parler Mercure copieux, / A bien aymer vray Amour plein de grâce. / O France heureuse honore donc la face / De ton grand Roy qui surpasse Nature, / Car l'honorant tu ses, en mesme place / Minerve, Mars, Diane, Amour, Mercure.
Peint d'après nature et dans le temps des [...] / Donné au Cabinet des estampes du roy / [p]ar le comte de Caylus le 15 juin 1765 / CAYLUS
attribution actuelle
Le portrait du roi rappelle ceux des miniatures du musée du Louvre, datées de cette même période (MI 1106, MI 1092).
L'attribution a été réfutée car cet artiste est en Angleterre à partir de 1537 (Crépin-Leblond 1993).
L'attribution n'est pas expliquée.
collection du comte de Caylus ; donation
n° 534.
p. 405.