Henri III (1551-1589), roi de France
collection Djanogly
Le portrait est identifiable par comparaison avec d'autres portraits plus ou moins tardifs du roi, identifiés par une inscription sur la bordure, produites, l'une vers 1570, l'autre vers 1581. La réapparition récente d'un portrait d'Henri III signé de Jean De Court et daté de 1578, aujourd'hui au musée de Houston, ajoute à l'iconographie française de ce roi un nouvel élément de comparaison.
Nous avons ici un portrait ad vivum du roi de France, qui pourrait avoir été peint par Hilliard soit comme un cadeau destiné au duc d'Alençon, alors patron du miniaturiste anglais, soit plus simplement par l'artiste pour témoigner de son talent afin d'obtenir une commande royale.
Le roi porte ici un pourpoint clair à taillades sous lequel est visible un vêtement noir, surmonté d'un manteau noir brodé, associé à un collier de perles et pierreries à plusieurs rangs, le tout complété par une fraise finement brodée, mais pas suffisamment large pour être qualifiée de « plateau de Saint-Jean », ce qui permet de dater ce portrait d'avant 1578. De même, le roi ne porte pas l'Ordre du Saint-Esprit, ce qui s'explique car la première séance eut lieu le 31 décembre 1578. Le roi porte également un bonnet sur l'arrière de la tête, appelé toque à la polonaise, orné d'une aigrette blanche tenue par un bijou.
vélin contrecollé sur carte à jouer
HENRICVS. III. D.G. FRANCOR. ET. POL. REX. [Fleur de lys]
Henri III par la Grâce de Dieu Roi de France et de Pologne
L'œuvre, qui n'est pas signée, est attribuée avec beaucoup de crédibilité à Hilliard, dont il présente toutes les caractéristiques stylistiques et techniques (Aslet et al. 2019). L'inscription, en lien avec sa formation de calligraphe, est particulièrement significative pour cette attribution. L'œuvre présente un aspect assez lisse et idéalisé mais brille par le traitement de ses détails (en particulier la dentelle de la fraise), et le traitement des bijoux avec des rehauts d'argent (oxydés) et les pierres en résine.
Le portrait aurait été peint à Blois lors des célébrations de fin d'année à la cour des Valois, ou dans le courant de l'année 1577 au plus tard (Cachaud 2017, p. 57-60 ; Aslet et al. 2019 ; MacLeod 2019).
Collection privée ; vente Pescheteau-Badin, Drouot Paris, 2 décembre 2013 (n° 31 " Ecole française, Ière moitié du XIXème siècle") ; collection privée ; Simon C. Dickinson,février 2016 ; exposition à Tefaf Maastricht mars 2016 ; collection Djanogly.
Exposée pour la première fois à la National Portrait Gallery au printemps 2019 (cf. bibliographie).
Collection privée ; vente Pescheteau-Badin, Drouot Paris, 2 décembre 2013 (n° 31 « École française, 1ère moitié du XIXe siècle ») ; collection privée ; Simon C. Dickinson, février 2016 ; exposition à Tefaf Maastricht, mars 2016 ; collection Djanogly.
Exposée pour la première fois à la National Portrait Gallery au printemps 2019 (cf. bibliographie).
Catherine MacLeod signale (2019, p. 57) qu'un portrait présumé d'Henri III, décrit comme « the picture of the frenche Kinge in a rounde case of tinne » se trouvait vers 1578 à Leicester House, à Londres. Cette mention peut éventuellement correspondre à la miniature ici décrite. Mais elle pourrait aussi bien correspondre au portrait en miniature par Jean Decourt daté de 1578 (Houston, Museum of Art).
p. 40-51.
p. 148-152.
p. 56-57 cat n° 8.
vente Pescheteau-Badin, Drouot Paris, 2 décembre 2013