Apollon et les muses sur le Parnasse
Apollon et les muses sur le Parnasse
Médaillon en largeur disposé en partie haute du lambris de la chambre d'Antoine III de Clermont-Tonnerre. il s'inscrit dans la suite de sept autres médaillons ovales en largeur figurant les Arts Libéraux , mais il s'en distingue par sa taille et surtout sa facture. Comme ces derniers, il est placé sur un fond de grotesques et souligné par une frise d'opulents rinceaux. L'ensemble du décor a été restauré au XIXe siècle par Eugène Labbé, surtout les éléments décoratifs et précisément ce médaillon figurant Apollon et les muses sur le Parnasse.
C'est la seule composition de tout ce décor pour laquelle un dessin préparatoire est conservé (Louvre, inv. 5856, considéré par Mariette au XVIIIe siècle comme de Nicolò dell'Abbate). Depuis Dimier (1900, p. 86-87), toute la critique l'a jugé d'une facture différente des sept médaillons des Arts Libéraux car il témoigne d'un style plus élégant et grêle qui trahit l'intervention d'un autre artiste de l'entourage de Primatice, bien distinct de Ruggiero de Ruggieri.
Le décor de la Chambre des Arts se situe vers 1560, dans une décennie qui voit se développer, dans le sillage de la voûte de la Galerie d'Ulysse et plus globalement dans le sillage stylistique de Primatice, les décors fondés sur des suites de médaillons ovales en largeur (Bélime-Droguet, 2016, p.127) sur des fonds de grotesques.
murs de la chambre des Arts
Restauration en 1886 par Eugène Labbé.
Le nom de Primatice a été prononcé pour la première fois au sujet de la Chambre des Arts par Victor Petit en 1854 (« Guide pittoresque dans le département de l'Yonne », Annuaire historique du département de l'Yonne, 1854, p. 322-332).
L'attribution à Primatice de l'ensemble de ce décor a été reprise et confirmée par Dimier en 1900, puis revue par lui-même en 1928 et 1942 en faveur d'un « peintre anonyme dans le style de Primatice » ; ce peintre anonyme est en tout cas distinct de celui qui a peint les médaillons des Arts Libéraux.
En 2003 (dans le catalogue de l'exposition Parmigianino e il manierismo europeo, Parme, 2003, p. 385), Sylvie Béguin a réattribué à Primatice le dessin préparatoire au médaillon d'Apollon et les muses conservé au Louvre (inv. 5856), y voyant une des dernières œuvres de l'artiste.
En 2004 (p. 468) D. Cordellier a souligné que la plupart des figures qui composent le dessin préparatoire à ce médaillon se retrouvent dans des dessins originaux de Primatice ou de Rosso, et que cet assemblage parle en faveur d'un artiste très proche de Primatice mais distinct de lui.
Béguin (1986 , p. 248) : « Ruggiero de Ruggieri ».
Cordellier 2004 p. 468 : « L'assemblage des figures [dans le dessin préparatoire] trahit l'intervention d'un peintre qui ne possédait pas un talent suffisant pour composer une scène lui même » ; La peinture a d'ailleurs été exécutée par report au poncif (à la différence des médaillons des Arts Libéraux).
Le dessin est en revanche catalogué par Madali Bélime-Droguet comme « Entourage de Primatice (Ruggiero de Ruggieri ?) » (2004 n° 260).
D. Cordellier considère que l'hypothèse que ce dessin soit de Ruggiero de Ruggieri est à abandonner (communictaion orale, 2026).
Béguin, 1961 repr. p. 302 : le dessin du Louvre, préparatoire à ce médaillon, correspond à « un aspect évolué du Maître de Flore », qui correspond peut-être à Ruggirero de Ruggieri.
Béguin, 1972, n° 133 p. 125 : « Maître de Flore ».
Il est possible en effet que l'artiste qui dessine (et qui peint ?) le médaillon d'Apollon et les muses sur le Parnasse corresponde à un sous-groupe de ce que l'on appelle le Maître de Flore (communication orale C. Scailliérez, 2026).
Chambre ornée lors de la première campagne décorative du château, pour être la chambre d'Antoine de Clermont.
Décor commandé par Antoine III de Clermont-Tonnerre vers 1560.
Les parcelles AD 398, 399 et 406, y compris le mur de clôture : classement par arrêté du 26 septembre 2003.
Château et communs, pavillon du parc, douves, parc ordonnancé et son mur de clôture (cad. AH 1 à 53) : classement par arrêté du 8 mars 1983.
p. 326-327, comme « élèves de Primatice ».
p. 20.
col. 235.