Portrait d'homme à la médaille, anciennement dit du cardinal de Tournon
Portrait d'homme à la médaille, anciennement dit du cardinal de Tournon
Une annonce publicitaire des marchands londoniens Wheeler & son parue dans The Connoisseur en 1953 propose de voir en cet homme un portrait du cardinal de Tournon. Si l’identification avec ce dernier pose problème au vu de l’âge, du costume, de la date de réalisation, et surtout de la ressemblance avec le portrait attesté de François de Tournon (collection particulière), ce portrait doit tout de même revenir à Giovanni Capassini sur une base stylistique. Nous ignorons comment Wheeler & son sont parvenus à cette hypothèse, mais la présence d’une photographie annotée dans la documentation de Charles Sterling, conservée au musée du Louvre, pourrait suggérer une intervention de ce dernier. Bien que l’homme ne puisse être identifié comme François de Tournon, il est vraisemblable que nous ayons affaire à un membre de son entourage. Il existe trois versions de ce portrait, deux de dimensions à peu près similaires, ainsi qu’un rondel. La version de Wheeler ou le rondel pourrait être l’original, les deux étant visiblement de la main de Capassini. L’essence de noyer employée pour le panneau est courante dans les régions provençale et dauphinoise, et en France de manière générale, renforçant l’hypothèse que ce portrait a été conçu pour une personnalité établie sur l’axe rhodanien.
À la différence de la version tronquée du même portrait, cette peinture se distingue par des carnations à l’aspect gommeux, caractéristiques que l’on retrouve sur certains panneaux attribués à Giovanni Capassini et à Étienne de Martellange. Ces traits sont notamment comparables à ceux de la Sainte Famille de Nîmes, du Portrait de femme conservé au château de Pupetières, ainsi que des portraits féminins datés de 1566 et de 1571. L’œuvre s’inscrit ainsi dans une zone intermédiaire entre la production du maître et celle de son élève ; elle peut être envisagée comme une possible réplique d’atelier, offrant une vision plus complète de la composition originale. La date de 1554 ferait alors référence à un prototype aujourd’hui disparu ou fragmenté. Cette datation demeure crédible au regard du costume porté par le modèle et de son couvre-chef, dont le caractère légèrement passé correspond bien à cette chronologie.
W. Wheeler & son, Londres, 1953, sous « école lyonnaise, portrait de François de Tournon » ; localisation inconnue.
même homme portraituré à trois reprises
même homme portraituré à trois reprises
p. 238, n° 164, sous les attributions rejetées à Corneille de Lyon
sous Giovanni Capassini (à paraître)
p. 91-92, 133, cat. I.11