Portrait d'homme portant l'Ordre de Saint-Michel
Portrait d'homme portant l'Ordre de Saint-Michel
titre traditionnel
Portrait d'homme portant l'ordre de Saint-Michel : Ercole d'Este, duc de Ferrare ?
L'identification du modèle, proposée récemment (catalogue de vente Christie's, Paris, 2010), repose sur les analogies avec un portrait d'Ercole d'Este peint par un artiste italien anonyme, conservé au Louvre et déposé au château d'Azay-le-Rideau (RF 782).
Elle n'est pas absolument convaincante car Ercole II d'Este (1508-1559) n'est venu en France qu'en 1528 à l'occasion de son mariage avec Renée de France, fille de Louis XII. Il n'est par ailleurs pas connu pour avoir reçu l'ordre de Saint-Michel.
Son frère Hippolyte II d'Este (1509-1572), dit « cardinal de Ferrare », fut appelé en France en 1536 et n'y résida que jusqu'en 1549, ce qui rend impossible que Nicolò ait fait son portrait en France où il n'arrive qu'en 1552. S'agit-il ici d'un portrait de ce personnage peint en Italie plus tôt, entre 1549 et 1552 ? Il n'est par ailleurs, lui non plus, pas connu pour avoir reçu l'ordre de Saint-Michel.
L'identification du modèle reste donc une question ouverte, et par conséquent la datation du portrait à l'intérieur de la carrière de Nicolò aussi.
dans le commerce de l'art britannique en 2023
Portrait d'homme en buste, campé de trois quarts sur un fond vert intense, tourné vers la gauche, le regard porté à l'extérieur, aussi vers la gauche. Il est coiffé d'un béret noir orné d'une plume noire, de perles fines et d'une enseigne dorée. Ses épaules sont couvertes d'un ample col de fourrure d'hermine blanche tachetée, son pourpoint framboise est orné de broderies dorées disposées en bandes horizontales, et il porte un collier de l'Ordre de Saint-Michel orné de coquilles Saint-Jacques dorées et d'un pendentif ovale - tronqué - figurent saint Michel sur un fond bleu lapis.
En bas à l'extrême droite deux grandes touches de vermillon correspondent certainement à la manche d'un manteau, disparu lors du rétrécissement du tableau.
Béguin (1969) soulignait que le costume ne semblait pas français mais ne devait pas être plus tardif que les années 1550.
Le tableau est manifestement coupé sur tous les bords. Aucune guirlande de tension n'est visible en périphérie . Seul le bord supérieur semble avoir été réduit de peu. La toile originale, fine, est irrégulière et a été doublée d'un rentoilage relativement récent (Rapport d'étude d'Elisabeth Ravaud, C2RMF, 2008). La matière originale est épidermée et présente de nombreuses petites lacunes.
Selon S. Béguin (1969), l'attribution du tableau à Nicolò revient à Giuseppe Fiocco (date et référence inconnues).
Dès 1962 (p. 115 note 6), Sylvie Béguin attribuait le tableau à la période française de Nicolò et le trouvait « visiblement influencé par la manière des portraitistes en vogue à la cour, les Clouet et Corneille de Lyon ».
Si l'identification avec Ercole II d'Este, récemment proposée, devait être retenue, elle entraînerait une datation du tableau entre la date d'arrivée en France du modèle (1554) et la date de sa mort (1559).
Attribution traditionnelle (selon Béguin 1969).
Vente Christie's, New York, 28 janvier 2009, lot 66 (« Nicolò dell'Abate, Portrait d'homme portant l'Ordre de Saint-Michel »), resté invendu.
Vente Christie's, Paris, 23 juin 2010, n°36 (« Nicolo dell'Abate, Portrait présumé d'Ercole d'Este »).
n° 27 p. 81-83 (Nicolò sous l'influence de Clouet et Corneille de Lyon).
cité p. 41 (parmi les portraits de la période française).