Putti jouant avec une chaîne et un carquois
Putti jouant avec une chaîne et un carquois
Fragment inférieur gauche d'une scène figurant Les Cyclopes fabriquant les armes des amours dans la Forge de Vulcain.
Fragment d'une des deux scènes figurées sur la Cheminée du Cabinet du Roi à Fontainebleau, décrite par le Père Dan en 1642 « [...] ce qu'il y a de plus considérable sont deux Tableaux posez sur la cheminée qui est d'un beau marbre : l'un où sont plusieurs Cyclopes & Forgerons, qui battent sur l'enclume avec Vulcain, & l'autre est une Histoire représentant Ioseph, comme ses frères le sont venus visiter en Egypte ; & sont ces deux Tableaux du sieur Sainct Martin ».
L'ensemble de la composition a été reconnu par Louis Dimier dans un dessin du Louvre (Inv. 8533) qui permet de déterminer que les putti se trouvaient dans l'angle inférieur gauche des Cyclopes fabriquant les armes des amours dans la Forge de Vulcain.
Le thème de la Forge de Vulcain, sujet de feu s'il en est, convenait parfaitement à l'ornement d'une cheminée et on en trouvait un autre exemple à Fontainebleau sous la forme d'un stuc de la cheminée du Cabinet de Sémélé. Son association inhabituelle avec un épisode biblique de l'histoire de Joseph reste inexpliquée (Cordellier, 2004, p. 268).
La facture et le chromatisme cendré de ce fragment s'accordent bien avec les rares autres exemples de tableaux peints par Primatice qui nous sont parvenus (en particulier Ulysse et Pénélope, au Toledo Museum of Art).
Trois gravures existent de l'ensemble de cette composition manifestement célèbre (par le Maître FG, Le Maître de Cadmos et Enea Vico) et deux copies peintes en sont connues, peut-être en rapport avec l'une ou l'autre de ces trois gravures.
Le fragment conservé ne permet pas de décider si le décor de la cheminée dont il provient était peint à la détrempe, ce qui semble probable, ou à l'huile.
Il semble avoir été peint sur toile, puis celle ci collée sur bois ensuite.
Lorsque Bailly dressa l'inventaire des Tableaux de la Couronne, il enregistra les deux tableaux de la Cheminée du Cabinet du roi sous le nom de Nicolò dell'Abbate et donna leurs dimensions. La scène des « Cyclopes qui forgent et frappent sur une enclume et des Amours qui tiennent des armes et des chaînes : figures d'environ dix-huit pouces [0,48 m] ; ayant de hauteur 2 pieds 9 pouces [0,89 m] sur quatre pieds deux pouces [1,35 m] de large » (Bailly, ed. Engerand, 1899, p. 216).
Les dimensions du tableau de Wiesbaden s'accordent à très peu près aux dimensions globales de la scène données par Bailly.
Dataion déduite des comptes des batiments du roi (Cordellier 2004, p. 256).
Inventoriés en 1709-1710 in situ par Nicolas Bailly, les deux tableaux ornant la cheminée du Cabinet du Roi furent déposés en 1713 et transportés dans l'antichambre de Saint Louis, puis ont disparu depuis.
Le fragment de Wiesbaden a appartenu à Hermann Voss qui l'a donné au musée en 1938.
p. 143.
IV, p. 215 : Mariette décrit le décor de cette cheminée comme une « fresque ».
Bien que non pris en compte par Dimier, Le Primatice, 1900, ce fragement est considéré comme de Primatice, dans la suite du précédent catalogue, anonyme, du musée de Wiesbaden (Amtlicher Katalog der Gemäldegalerie Wiesbaden, Nachtrag, Wiesbaden, 1939, p. 22-23).