La Descente de croix
La Descente de croix
Ce tableau a été peint pour la chapelle funéraire du juge Luis Fernández dans l'église du monastère de Santa María de Gracia (Séville). Il est cité comme modèle dans le contrat signé entre Peeter de Kempeneer, dit Pedro de Campaña, et don Fernando de Jaén pour le retable de la chapelle funéraire de ce dernier, figurant également une Descente de croix pour l'église de Santa Cruz (Séville) (1548, signée et datée, aujourd'hui dans la grande sacristie de la cathédrale de Séville). La composition du tableau de Montpellier a été déclinée par l'artiste dans d'autres œuvres, notamment dans le modèle qu'il a fourni pour une tapisserie conservée au Colegio del Patriarca de Valence. Il existe également un dessin reprenant le tableau de Montpellier (Bibliothèque du Palacio Real de Madrid) que Nicole Dacos (1989) considère comme une copie non-autographe datant du XVIe siècle.
L'influence flamande de la formation de Peeter van Kempeneer, dit Pedro de Campaña, se fait sentir dans la maîtrise de la lumière et la conception de l'espace parfaitement maîtrisée, inédite dans la Séville du XVIe siècle. L'artiste s'inspire également d'un modèle italien : la Descente de croix gravée par Marcantonio Raimondi (vers 1480 - vers 1530), mais celle-ci lui fournit principalement l'idée de la composition pyramidale, plantée par les deux échelles posées chacune d'un côté de la croix. La disposition des personnages et la forte relation qui existe entre le groupe du haut (formé par les trois personnages masculins qui tiennent le Christ mort) et le groupe du bas (celui des femmes) sont des inventions de Pedro de Campaña, tout comme l'expression de douleur intense de saint Jean contemplant la couronne d'épines.
panneau constitué de quatre planches
Peint pour la chapelle funéraire de Luis Fernández (? - ?), vers 1537 - 1538 ; se trouve dans la collection du marchand d'art Juan de Aguirre (? - ?) à Torrejón de Ardoz en mars 1801 ; sans doute offert par lui à Charles IV (1748 - 1808), qui soit l'acquiert pour Manuel Godoy (1767 - 1851), soit le vend à celui-ci peu de temps après l'avoir acquis ; confisqué en même temps que le reste de la collection de Manuel Godoy entre 1808 et 1813 ; acquis à une date inconnue par Alexandre Aguado, marquis de Las Marismas del Guadalquivir (1784 - 1842) ; vente après décès de la collection de ce dernier, Paris, 20 - 28 mars 1843, n° 103 du catalogue , vendu à Jean-Pierre Collot (1764 - 1852) pour 1905 francs ; donné par Jean-Pierre Collot à la ville de Montpellier pour le musée Fabre, 1845.
n° 203, p. 63.
p. 362.
n° 29, p. 43.