Le Jardin de Pomone
Le Jardin de Pomone
parfois dit aussi Le jardin de Vertumne
L'union féconde de Vertumne et Pomone
titre de la copie
La composition correspond à l'une des deux « tableaux peints à frais par le Sieur Rousse [Rosso] » décrits en 1642 par le Père Dan (Trésor des Merveilles, p. 178) dans le Pavillon de Pomone, pavillon de jardin qui fut détruit en 1766. L'Abbé Guilbert décrit les mêmes deux tableaux en 1731 (II, p. 93-94) sous le nom du « Sieur de Saint Martin » [Primatice].
On s'accorde aujourd'hui pour attribuer à Rosso la scène figurant Vertumne séduisant Pomone (mur ouest) et à Primatice celle figurant le Jardin de Pomone (mur nord). Les deux compositions étaient unifiées par un même fond de tonnelle. Les comptes royaux attestent que plusieurs peintres exécutèrent les deux compositions (Calude Baldouin, Luca Poenni, Charles Carmoy, Francesco Caccianemicci, Govanni Battisa Bagnacavallo, Bartolome da Miniato). Il est vraisemblable que le décor a été commencé sous la tutelle de Rosso, mort brutalement en 1540, et achevé sous celle de Primatice (Cordellier 2004 p. 208-210).
Le tableau, dans le sens inverse du dessin préparatoire (Louvre, Inv. 8571), procède vraisemblablement de la gravure au burin de Léon Davent (Maître L D, Bnf , Da 67). On peut présumer qu'il reproduit avec une certaine fidélité le coloris de la fresque, mais on ne peut l'assurer.
Scène tirée des Métamorphoses d'Ovide mais avec des particularités iconographiques originales qui laissent penser que le peintre a utilisé la traduction française de Denis Janot publiée en 1539 dont la description des jardins de Pomone éclaire l'estampe de Léon Davent et, partant, la copie peinte. Au centre du jardin, dans l'angle d'une tonnelle, statue de Priape sous la forme d'un terme ityphallique. Au premier plan Pomone désherbe son jardin avec résolution - détail absent des autres versions - et les deux personnages apparaissant sous l'arche de la tonnelle portant des colonnes semblent être une allusion au fait que les arbres de ce jardin étaient si chargés de fruits qu'il fallait des colonnes pour en soutenir les branches (C. Jenkins dans cat. exp. Primatice, maître de Fontainebleau, Paris, 2004, p. 212 sous n° 86).
anciennement rentoilé
Duplecit Peincit
reproduit comme « d'après Primatice » (Occhipinti 2012, p. 30).
Le peintre a vraisemblablement utilisé la gravure de Léon Davent, qui inverse la composition originale de Primatice.
Le décor original du Pavillon de Pomone se situe approximativement entre 1536 et 1543.
La copie est certainement plus tardive.
Vente anonyme, Nice, Hôtel de vente de Nice Riviera, 28 novembre 2009, n° 13 (« École française de la seconde moitié du XVIe siècle, suiveur de Primatice ».
Galerie Gismondi, Paris, 2009-2024 (Biennale des Antiquaires Paris, Grand Palais , 2010 ; Tefaf , Maastricht, 2020).
Vente Christie's, Paris, 12 mars 2024, n° 42 « École de Fontainebleau , Entourage de Primatice ».
p. 29-33 (d'après Primatice).
En 2004, le tableau n'était pas connu. mais le décor du pavillon de Pomone et de la contribution de Primatice y sont étudiés (Cordellier, 2004, p. 208-211 et Catherine Jenkins, n° 86 p. 212).