Portrait de jeune femme
Portrait de jeune femme
Portrait of a Lady in a Plumed Hat
Les portraits féminins de Nicolò dell'Abate sont rares. Le plus sûr, de grand format (ancienne collection Chrysler à Norfolk ; Londres, collection privée), appartient à coup sûr à la période italienne. D'autres portraits de femme de plus petit format, en buste, lui ont été aussi attribués, en particulier un Portrait de femme avec des brins de fleurs au décolleté de la Galerie Borghèse à Rome (Inv. 77), qui appartient aussi à la période italienne et présente l'intérêt d'être exécuté sur un parchemin contrecollé sur toile. Son format (49 x 37 cm) est lui aussi proche de la Jeune Femme de Londres. Son style plus puissant se distingue de la facture plus menue et délicate du portrait de cette dernière, dans lequel Sylvie Béguin relevait une influence des portraits français de Clouet et Corneille (1969).
Dans ce portrait, le vêtement semble bien appartenir à l’Italie des années 1560 mais la nationalité du costume ne préjuge pas forcément du lieu de son exécution car il se trouvait beaucoup d’Italiens en France à cette date. La poésie et l’élégance du visage évoquent l’univers de Nicolò tout en rappelant un Portrait en buste de jeune femme vue de face, aujourd’hui perdu mais gravé par Wenzel Hollar comme d’après Parmigianino : même raffinement fragile, même approche menue et sentimentale du portrait. Le cadrage et la disposition du modèle, de trois quarts sur un fond vert et neutre, montre un style plus appliqué que celui des rares portraits féminins de la période italienne, un style adouci et en quelque sorte francisé qui rend séduisante l'attribution à Nicolò en France, même si l'artiste conserve manifestement en France une facture pleine de verve et de panache qui ne se retrouve pas ici. Le tableau est il de Nicolò lui-même ou trahit-il plutôt son influence sur un de ses proches ?
Technique relativement rare mais connue dans d'autres œuvres de Nicolò dell'Abate (Atalante ramassant la pomme d'or, Grande Bretagne, collection privée).
Béguin (1969) : « E invece probabile l'attribuzione della fanciulla con il cappello piumato (Londra , National Gallery) recentemente esclusa da Cecil Gould col generico riferimento a pittore dell'Italia settentrionale (1962, n° 4033) che era avanzata dall'Antal (1931, p. 226). Per Mary pearce, il costume, forse italiano, allude al decennio '60-70, il che non prejudica la possibilità di una attribuzione a Nicolò attivo in Francia, dove i costumi italiani erano del resto in voga presso la corte, perché è possibile riscontrarvi più di un tratto caratteristico del suo stile e perfino ricordi di Palazzo Poggi ».
Antal (1931) ; Béguin (1962).
Période française (1552-1571) selon Béguin (1962 : « L'activité de Nicolò comme portraitiste en France reste un problème. Le portrait identifié par Antal à la National Gallery de Londres semble plutôt de la période française »).
Nous partageons cet avis de Sylvie Béguin. L'assemblée de femmes figurée derrière Catherine de Médicis et ses enfants dans dans un dessin de Nicolò pour la tenture d'Artémise (Paris, ancienne collection Pébereau) comporte des dames vêtues de costumes comparables.
Le catalogue de 1929 l'identifie, sans doute à juste titre, comme le lot 109, vente anonyme, Christie's, 21 février 1903 (« M. Ridolfo, bt. Kennedy ») et le lot 165, vente anonyme, Christie's, 9 avril 1910 (« M. Ridolfo, bt. Carfax »). Legs Claude Phillips, 1924.
p. 226 -231 (Nicolò dell'Abate).
p. 115, note 6.
n° 4033 (Anonyme, Italie du Nord).
L’ argument avancé contre l'attribution à Nicolò est le costume italien du modèle, incompatible selon Gould avec une exécution en France ; mais l’attribution n’est pas pour autant acceptée pour la période italienne de l’artiste.