Cette ancienne photographie, issue du fonds Chaponay des archives départementales du Rhône (44 J 980), présente un portrait de Guyonne Chaponay (1534-1618), aujourd’hui non localisé. Fille de Nicolas, seigneur de l’Isle et de Faisen, et d’Hélène d’Albice, Guyonne de Chaponay est d’abord religieuse à l’abbaye de Jourcey (H. Fisquet, La France Pontificale (Gallia Christiana), 1, Paris, 1864, p. 758) puis abbesse de l’abbaye de la Déserte, du diocèse de Lyon, dès 1589. Elle appartient à une importante famille lyonnaise qui entretenait également des liens avec le Dauphiné. Son identité, attestée par une inscription apocryphe, mais ancienne, en haut, semble confirmée par son habit ecclésiastique et par ses armoiries, dont l’originalité est difficile à évaluer. Nous distinguons cependant trois oiseaux, qui correspondent probablement aux trois coqs qui ornaient le blason de la famille Chaponay (d’azur, à trois coqs d’or, barbés, crêtés et membrés de gueules). La date de 1600 inscrite à la suite de son nom est trop tardive pour correspondre au style de l'œuvre, à l’âge et au costume de la commanditaire, qui s’inscrit plutôt dans la décennie 1580. Stylistiquement, le panneau peut être aisément rendu à la production tardive d’Étienne de Martellange, dont nous reconnaissons les habitudes formelles. C’est avec un certain synthétisme que le peintre représente la figure à mi-corps sur un fond neutre, les mains simplement jointes. Nous reconnaissons en outre ses morphologies typiques, notamment des yeux aux grandes paupières, ou encore une bouche en forme de « M » et un long nez. Bien que l’image soit de trop mauvaise qualité pour en juger avec certitude, Guyonne de Chaponay semble proche du portrait dit de Montaigne par Martellange et lui aussi réalisé dans les années 1580. Cet ajout au corpus est d’autant plus intéressant qu’il constitue le premier portrait religieux connu de Martellange, qui applique ici les mêmes formules que pour ses portraits profanes.
GUYONNE DE CHAPONAY 1600
sous Étienne de Martellange
p. 108, cat II.26