cheminée peinte
La Charité
Armoiries
au-dessous
manteau de cheminée de la grande salle du 2e étage
Broc, village aujourd'hui rattaché à la commune de Noyant-Villages.
Composition ovale en largeur montrant le motif central de la Charité au centre devant un vaste paysage panoramique.
Peinture directement appliquée sur la pierre ; appareillage très visible.
[...] L ESPIT AV CORRINTHI CHAPI 13/ ET SI JE DISTRIBUE TOUS MES BIENS A LA/ NOURRITURE DES PAUVRES ET SI JE LIVRE MON/ CORPS POUR ETRE BRUSL ET SI JE N'AI POINT/ CHARITE CELA NE ME PROFITE EN RIEN
Quand je distribuerais tous mes biens en aumônes, quand je livrerais mon corps aux flammes, si je n'ai pas la charité, cela ne me sert de rien
très fragmentaire et difficilement lisible, transposition de la 1ère épître aux Corinthiens (13,3) Hymne à la Charité.
[armoiries de la famille de Broc : de sable à la bande fuselée d'argent de sept pièces]
[armoiries de la famille de Lavardin : de gueules à trois fleurs de lys d'or]
Peintre averti des créations de Fontainebleau, vers 1560-1580 ; la composition pyramidale, dans la descendance de la célèbre Charité d'Andrea del Sarto peinte en France pour le roi, dérive de combinaisons de gravures mais peut être comparée, par l'échelle des figures dans le paysage, à des Vierges à l'Enfant sous des arbres de Cousin Père et d' Antoine Caron ; la typologie, compartiment ovale en largeur, bien expérimentée à Fontainebleau depuis la galerie François Ier, peut être comparée à celle des allégories de la Chambre des Arts au château d'Ancy-le-Franc (Ruggiero de Ruggieri sur dessins de Primatice).
après 1566, date du mariage de Mathurin de Broc avec Louise de Lavardin, et même après 1572, date à laquelle Mathurin de Broc reçoit le collier de l'ordre de saint Michel à moins que celles-ci ne soient rajoutées ultérieurement).
Les armoiries placées sur le linteau permettent de rattacher ce décor à Mathurin de Broc et à son épouse Louise de Lavardin, seigneurs de Lisardière dans le dernier quart du XVIème siècle (Ambroise Ledru, Histoire de la Maison de Broc, Mamers, 1898, p.182-183). Leur mariage datant de 1566, on peut situer après cette date l'exécution de la peinture, et même après 1572, date à laquelle il est admis dans l'Ordre de saint Michel dont le collier entoure ses armoiries sur le linteau de la cheminée (Ledru, 1898, II, p. 523).
Ledru signale d'autres peintures allégoriques ( sans précisions ) dans la même pièce. On pourrait imaginer par exemple les deux autres vertus théologales ( la Foi et l'Espérance ).
Tome II, p. 176-189
p. 182 : « Les Lavardin portaient de gueules à trois fleurs de lys d'or. On voit les armes peintes sur l'une des cheminées du château de Lizardière, à côté de celles de Mathurin de Broc ».
p. 183 : « Mathurin de Broc et Louise de Lavardin donnèrent tous leurs soins à la reconstruction ou à la restauration du château de Lizardière, leur résidence ordinaire. Ils y ont laissé de nombreuses traces de leur passage, notamment une belle cheminée en pierres vermiculées dans une des pièces du rez-de-chaussée et des peintures murales allégoriques, accompagnées des blasons Broc et Lavardin, dans une des chambres de l'étage supérieur ».
p. 309-310, fig.263 (« Peintre actif en Anjou, après 1572 »).