Cheminée d'Abigaïl implorant la clémence de David
cheminée peinte
Cheminée d'Abigaïl implorant la clémence de David
pavillon sud-ouest, 1er étage
Le thème d'Abigaïl et de son exemplaire dévouement envers son époux Nabal (I, Rois, XXV), évoquent peut-être Madeleine de Savoie, épouse du connétable de Montmorency (cette pièce était sans doute sa chambre à coucher).
Le sujet avait autrefois été interprété comme « Coriolan chez les Volsques » (Chanoine Gallet, 1882).
Trois sujets annexes - qui restent à identifier - sont figurés en camaïeu roux, l'un en petit format carré sous la scène centrale, et les deux autres en médaillon au centre des deux jouées.
Cheminée d'Abigaïl restaurée en 1973-1977 par la maison Malesset-Genovesio, puis en 1989-1992 par I. Dangas.
Les cheminées ont été restaurées à plusieurs reprises. On joint ici une photo avant les restaurations liées à l'aménagement du Musée de la renaissance dans le château: cliché datant de 1971. Les autres clichés sont postérieurs aux restaurations (2024).
Peinture à l'huile sur enduit sec.
Dominique Cordellier 2024.
« Une attribution à Dumonstier des peintures d'au moins cinq des cheminées du château d'Ecouen s'accorde bien avec les observations formulées jusqu'à présent par les historiens de l'art à propos de leur style : la plupart ont en effet signalé leur filiation avec les décors de Fontainebleau, pointé l'influence de Rosso Fiorentino qui faisait jour et supposé que l'exécution était française plutôt qu'italienne ».
En l'occurrence , la scène d'Abigaïl implorant David n'est pas la plus concernée par cette remarque, mais plutôt ses figures d'encadrement.
L'auteur remarque qu'un autre artiste d'origine rouennaise, Jean Goujon, avaient déjà travaillé pour Ecouen : « la "nation normande" contribua donc en nombre au premier chantier du château. En fût-il de même autour d'Abaquesne lors du deuxième ? Et Dumonstier était-il de la partie ? La question s'impose au vu du style des peintures de plusieurs cheminées du château ».
Béguin (1995, p.73) suggère qu’un seul artiste (ayant une connaissance fine des décors de Fontainebleau, de Rosso, de Cousin et de Goujon), a conçu les décors des cheminées d’Ecouen, en déléguant l’exécution à d’autres peintres. Comme piste de recherche, elle propose : Michel Rochetel (dont on ne connaît pas l’activité après 1552), Antoine Caron jeune (mais alors comme simple exécutant), Charles Dorigny (qui meurt en 1551, peut-être au cours des travaux, et serait peut-être l’auteur des cheminées de Salomon et la reine de Saba, de la Chasse d’Esaü, et de Saül dépeçant ses bœufs). Des documents indiquent la présence dans les années 1560 du peintre Jacques Patin (mais qui ne peut donc être l’auteur des cheminées, peintes dans les années 1550) et qui a peut-être travaillé aux frises peintes en 1564 (Gustave Mâcon, « Trois quittances de Jacques Patin (1564) », dans Archives de l’Art français, t.II, 1908, p.258-259), idée réfutée par Magali Bélime (1999).
Au XVIIe siècle, les archives du château conservaient également une copie du testament de « feu Me Bonaventure Navard, peintre, décédé à Ecouen », dont les biens sont saisis (faute d’héritiers) en 1560. Un état des dépenses en date du 13 mai 1561 mentionne un paiement au « painctre d’Escouen », sans donner de nom.
château, cheminées
p. 25, comme « Coriolan chez les Volsques ».
p. 138, comme « Coriolan chez les Volsques ».
vol. II, p. 53-54, comme « Jean Cousin ».