Bannière de l'ancien Hôtel de ville d'Orléans
bannière double face destinée à des processions
Bannière de l'ancien Hôtel de ville d'Orléans
Bannière réputée avoir accompagné l'échevinage d'Orléans lors des processions dans la ville.
Sur une face, reprise du « tableau des échevins » conservé au Musée des Beaux-Arts d'Orléans: c'est à dire le portrait collectif des échevins agenouillés en prière devant la ville d'Orléans (4 ecclésiastiques et 8 magistrats, 6 en robe noire et deux en robe rouge), située sur l'autre berge de la Loire, au bout d'un long pont (le Pont des Tourelles) appuyé sur une île médiane. Au dessus de la ville, dans le ciel , deux cartellinos et deux angelots brandissant des palmes et des couronnes de laurier. Au bas, devant les portraits deux autres cartouches renfermant des inscriptions (voir infra).
Sur l'autre face, la Vierge à l'Enfant entre le Bâtard d'Orléans (fils naturel de Louis d'Orléans, futur Dunois et compagnon d'armes de Jeanne d'Arc, identifiable par les fleurs de lys et les lambels disposés sur le col du chaperon ; décrit comme Charles VII par Vergnaud-Romagnési en 1836) et Jeanne d'Arc en armure, agenouillés de profil, et derrière eux, les saints évêques fondateurs de l'Église d'Orléans, à gauche Saint Aignan [Saint Denis selon Vergnaud-Romagnési, 1836] soutenant la nuque du duc et à droite Saint Euverte.
Deux cartellinos (au-dessus de Saint Aignan et aux pieds du duc) et deux phylactères (émanant de l'Enfant Jésus et de Saint Euverte) portent des inscriptions relatives à la libération de la ville d'Orléans lors du siège des Anglais (voir infra).
Les deux évêques, la Vierge et l'enfant ont des auréoles dorées. Ils présentent chacun leurs crosses dorées elles aussi, comme les ornements de leurs chapes et les fleurs de lys sur la robe du duc.
La description de la face avec le paysage donnée par Vregnaud-Romagnési semble correspondre plutôt au « tableau des échevins d'Orléans » lui-même qu'à sa reprise simplifiée dans la bannière (C. Scailliérez, 2022).
Décrite au milieu du XIXème siècle par Verganud-Romagnési comme « de six pieds de haut et cinq pieds de large, avec une frange de soie couleur d'or sur trois côtés, et les traces des clous de fixation au bâton transversal qui était attaché à la pique de l'étendard » et « dans un état de vétusté et de délabrement ».
Selon une hypothèse émise par Verganud-Romagnési, les deux anges tenant des couronnes ont été retouchés ou peints au XVIIIe siècle, sans doute par le peintre Desfriches, qui aura pu mettre à jour le paysage urbain (les clochetons de la tour Saint-Paul, édifiés en 1723 ).
Evaginabo gladium meum et interficiet eos manus mea
Je tirerai mon glaive du fourreau et ma main les exterminera
Exodesiaste, XV, 9
Convertere Domine de virtutum visita de coelo civitatem ista
tourne-toi vers nous, Seigneur, dieu des armées, du ciel viens visiter cette ville
paraphrase du psaume 79, verset 15
Miserere domine plebi tuae super quam invocatum est nomen tuum
Aie pitié, Seigneur, de ton peuple, en faveur duquel ton nom a été invoqué
Ecclésiaste, XXXVI, 14
Anonyme italien (?) actif en France (peintre) - 1er quart du 16e siècle (C. Scailliérez, mai 2022).
La composition adopte clairement la formule de la Sacra Conversazione italienne, et particulièrement de style lombard (C. Scailliérez, mai 2022).
Anonyme influencé par Léonard de Vinci (Vergnaud-Romagnési, 1836, p. 42 : « sans adopter l'opinion des peintres recommandables selon qui Léonard de Vinci put participer à son exécution, nous nous bornerons à constater que les artistes et amateurs y reconnaissent la manière de son école, la touche et le coloris de son époque » ; « peut-être par un artiste formé à son école et auquel il aura peut-être mis la main lui même pour les parties les meilleures »). Selon lui « le revers [c'est à dire la Vierge entre les évêques] est beaucoup plus remarquable que la face et parait ne pas être de la même main ».
Ce rapprochement avec Léonard de Vinci a immédiatement fait l'objet d'une contradiction par M. de la Place de Montévray (dans les pages suivantes de la même publication), pour qui le peintre de la bannière est trop médiocre dans le rendu de la perspective.
Vergnaud-Romanési (1836) considère cette bannière comme produite en remplacement de celle créée en 1430 par le peintre Mahiet ou Mayet, dont le nom apparait dans les comptes de la Ville. Elle aurait été offerte par le roi, car la tradition parle d'une « grande bannière royale sur laquelle est peinte la Vierge à l'Enfant Jésus » ; soit par Louis XII, soit par François Ier, puisqu'on voit sur la vue de la ville les « grandes écoles » construites après 1498 ainsi que la Porte saint-Laurent dans l'état antérieur aux travaux qui y furent faits par ordre de François Ier.
Selon cet auteur, ces données topographiques d'une face de la bannière, ainsi que le détail des figures de l'autre face - dessin des nimbes au lieu d'auréoles à rayons, forme des lettres et abréviations des inscriptions - et style italianisant marqué par Léonard contribuent à dater la bannière du début du règne de François Ier.
Présumée offerte par François Ier à la ville d'Orléans vers 1520 -1525, en remplacement de la première bannière exécutée vers 1430 par un certain Maillet ou Mayet, et sortie chaque année, le 8 mai, lors de la procession allant de Sainte Croix au pont des Tourelles, portée par un officier municipal en livrée jaune et rouge. En 1600 elle fut déployée dans la cathédrale à la cérémonie d'ouverture du jubilé.
Collection du peintre Aignan Thomas Desfriches (1715-1800) ?, transmis à sa fille Perpetue Félicité Desfriches, épouse Limay (1745-1834).
Achat par le brocanteur Cordon (Bimbenet 1871), 1834.
Achat à Cordon par Charles François Vergnaud-Romagnési (1765-1870), 1834 ?
Achat du musée historique et archéologique auprès des descendants de Vernaud-Romagnési pour 800 francs dont la moitié fut offerte par la Société archéologique d'Orléans, 1872.
Vue de la ville d'Orléans depuis la rive sud. A comparer avec le « Tableau des échevins » ? Orélans, Musée des Beaux-Arts inv. A 6924.
p. 26-27 ( « Anonyme, 16e siècle »).
p. 25-43. L'auteur date la bannière vers 1520-1530. Selon lui « le revers [c'est à dire la Vierge entre les évêques] est beaucoup plus remarquable que la face et parait ne pas être de la même main ».