Ulysse et Pénélope
Ulysse et Pénélope
Pénélope racontant à Ulysse les épreuves endurées pendant son absence
Titre plus précis fondé sur l'observation des mains de Pénélope, qui induit qu'il ne s'agit pas de la scène parallèle où Ulysse raconte ses aventures à Pénélope, qui, elle, est peut être figurée dans la fresque telle qu'on l'imagine à partir de sa copie dessinée par van Thulden (où la main gauche d'Ulysse, au lieu de tenir le menton de Pénélope, semble aussi un geste oratoire).
Scène composée, de manière autonome, sur le même dessin qu'une partie (le quart inférieur gauche) de la 48e composition ornant les parois de la Galerie d'Ulysse au château de Fontainebleau, connue par la copie dessinée de Theodor van Thulden (Vienne, Albertina). Les figures du tableau, qui mesure un peu plus d'un mètre de côté, ont approximativement les dimensions qu'elles avaient dans la fresque.
Il est difficile de déterminer laquelle des deux créations précède l'autre. La plupart du temps, les critiques pensent que le tableau est une réplique de la fresque, et le datent vers 1560-1563, mais l'idée inverse a été défendue par Barocchi en 1951, Frankfurter en 1965, et par Cordellier (2004, p. 336, qui s'appuie sur le style même du tableau, proche des compostions de l'Appartement des Bains, et sur son chromatisme voisin du décor de la chapelle de Chaalis et du tableau fragmentaire de Wiesbaden provenant de la Cheminée du Cabinet du Roi, pour soutenir une datation antérieure, vers 1540-1545.
Ulysse et Pénélope sur le lit nuptial. Les gestes énumératifs de Pénélope laissent à penser qu'elle a la parole et relate ses souffrances passées à Ulysse, qui lui tient le menton. Au fond deux silhouettes féminines campées à contre-jour, l'une nue et l'autre drapée, sont sans doute des suivantes renvoyées par Eumée et Télémaque selon le texte de l'Odyssée (XXIII, 297-307).
Cette scène est composée, de manière autonome, sur le même dessin qu'une partie de la 48e scène ornant les parois de la Galerie d'Ulysse au château de Fontainebleau, connue par la copie dessinée de Theodor van Thulden (Vienne , Albertina), où l'on voit à l'arrière-plan un groupe plus développé de figures féminines s'éloignant.
Attribution traditionnelle depuis au moins 1814.
Cette fourchette chronologique est loin d'être certaine.
Il existe des arguments pour dater le tableau dès les alentours de 1545 (Cordellier 2004 p. 336).
La datation du tableau est fluctuante selon les critiques. Elle est liée à l'opinion que l'on se fait de la place relative du tableau par rapport à la 48e composition de la Galerie d'Ulysse : s'agit-il d'une création antérieure ou d'une réplique ? La première hypothèse tend aujourd'hui à l'emporter (Cordellier, 2004).
Robert Strange ; sa vente, Christie's, Londres, 20-22 février 1772, lot 111 ; acquis par Lord Carlisle.
Earl of Carlisle, Castle Howard (Yorkshire), 1805-1911 (le tableau y est cité comme de Primatice en 1814).
Geoffrey W.A. Howard, Castle Howard, 1911 - vers 1935.
Collection privée, Grande-Bretagne.
Galerie Wildenstein, New York, 1945-1964.
Acquis en 1964 grâce au fonds Edward Drummond Libbey par le Toledo Museum of Art.
même composition par un autre peintre
1951, fasc. 3-4, p. 215.
n°141 : vers 1560. « Le plus beau des tableaux qui nous soit parvenu reflétant l'inspiration et le style de Primatice, parait digne de sa main ; son attribution, dans l'état actuel de nos connaissances, mérite d'être retenue ».
n° 172 p. 336-337 (notice de D. Cordellier, avec bibliographie antérieure).