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Dernière modification
06/09/2022 15:36 (il y a 20 jours)
Type d'oeuvre
Titres
Titre : 
Chasseur au repos
Localisations
Lieu de conservation : 
Type de Cote / numéro : 
Cote / numéro : 
P 251
Type de Cote / numéro : 
Cote / numéro : 
3296
Matérialité
Matériau : 
Technique : 
Dimensions
Hauteur : 
0,403
Largeur : 
0,349
Unité de mesure : 
Commentaire Dimensions : 
Dimensions de récolement.
Hauteur : 
1,25
Largeur : 
0,32
Unité de mesure : 
Commentaire Dimensions : 
Dimensions issues de l'inventaire après décès Fesch, 1839.
Inscriptions
Type d'inscription : 
Transcription : 
G Met[su]
Emplacement : 
en bas à droite, sur le plateau de pierre
Créations / exécutions
Personne liée à l'oeuvre : 
Rôle : 
Type de date : 
Date de création : 
Historiques de collection
Collection : 
Coll. de L.T. de Vogel ; vendu à Amsterdam en 1794 ; acheté par Fouquet en 1802 ; acheté par Le Rouge pour le cardinal Fesch ; estimé à 1500 scudi dans l'inventaire après décès du cardinal Fesch ; le catalogue de vente de 1845 précise que le tableau faisait autrefois partie de la collection de Van Helslenter ; sa vente, Rome, 1845 ; acheté par Laneuville pour le compte du marquis de Hertford.
Evénement : 
Description du catalogue de 1845 :

Comme tous les détails intéressent dans un chef-d'oeuvre et qu'il importe de n'en omettre aucun, nous commencerons par établir le lieu de la scène.
Le fond du tableau présente la façade d'un beau cabaret hollandais dont la porte d'entrée, qui est ouverte, laisse voir à l'intérieur un escalier tournant en bois. Une fenêtre à deux battants ouvre sur la rue ; son chambranle ainsi que ses volets sont en bois de sapin. Au-dessus de la porte se dessine une moulure cintrée dont on n'aperçoit qu'un segment qui repose sur une console sculptée. Au mur et sur l'un des volets de la fenêtre des affiches ont été placardées ; ce sont, à n'en pas douter, des licences et tarifs de police touchant le débit de l'eau-de-vie et de la bière. En sortant de la maison on descend une large marche de pierre ; un banc aussi en pierre est établit le long de la muraille au-dessous de la fenêtre et touche à un gros pieu de bois devant lequel s'élève, à hauteur d'appui, un petit mur en briques qui semble destiné à isoler la maison de la voie publique, et au pied duquel croit un beau chardon à larges feuilles.
C'est sur ce petit mur qu'un chasseur harassé a jeté sa gibecière en maroquin vert ; là aussi il a appuyé son fusil et déposé le plus beau faisan doré mâle qui se puisse voir, lequel avec un coq de bruyère, suspendu par une patte à un arbre voisin, forme le produit de sa chasse. Pour laisser ainsi à l'abandon une aussi riche proie, pour rester insensible aux attraits, plus puissants encore sur un coeur hollandais, d'une pipe à fumer et d'un pot de bière fraiche à boire, il faut que la fatigue de notre chasseur soit extrême. Elle l'est en effet, car à peine s'est-il assis sur le banc de la porte de l'auberge, à peine a-t-il vidé un premier pot et cassé une première pipe, qu'oubliant celle qu'il tient à la main et abandonnant doucement sa tête contre la muraille, il s'est endormi accoudé sur le pieu de bois comme sur le plus moelleux édredon.
Oh ! quel sommeil que celui d'un chasseur, et qu'il est respectable ! rien cependant de moins respecté ; à ce qu'il parait, dans les auberges de Hollande, car voici la maîtresse du logis qui, voyant qu'elle arrive trop tard avec son pot de bière et son verre, se laisse aller au rire le plus cordial comme le plus outrageant pour un homme inconsidérément endormi. Voilà aussi que le mari, renchérissant sur la bonne humeur de sa femme, décroche en tapinois le coq de bruyère de l'arbre où il est suspendu, et, tout joyeux de sa coupable audace, rit d'avance de la triste déconvenue qui attend son réveil le chasseur trop confiant dans les lois de l'hospitalité. Rien ne s'oppose à son larcin, pas même le chien du chasseur, épagneul de la plus belle race qui, soit qu'il compte notre hôte au nombre de ses vieilles connaissances, soit que l'excès de la fatigue suspende chez lui le sentiment du devoir, laisse paisiblement dérober le gibier de son maître.
C'est de sa fenêtre en avançant le bras que le fin larron commet son joyeux larcin, qu'il fait voir sa figure narquoise et basanée, sa grosse tête mal coiffée d'un chapeau noir mis de travers, mais en revanche richement pourvue de cheveux châtains qui débordent de chaque côté et tombent en masse sur son col de chemise rabattu sur une veste brune à gros boutons.
Cette petite scène d'une naïveté qui enchante est en même temps si gaie, si naturelle, qu'on se surprend à chercher dans quel lieu on en a été témoin. C'est que le peintre lui-même l'a surprise quelque part et n'en a été que le fidèle reproducteur ; c'est qu'on n'improvise pas ce qu'il n'appartient qu'à la nature de combiner et de produire ; c'est qu'enfin les choses vraies sont si avidement saisies par notre âme, essentiellement faite pour la vérité, qu'elle s'en empare d'abord comme d'une propriété à elle.
Oui, ces trois personnages sont vrais ; ils ont vécu, ils vivent encore en quelque sorte sur cette toile où le peintre les a merveilleusement et soudainement transportées ; celui-ci pendant son sommeil, celle-là avec son rire ingénu, cet autre avec toute la finesse de son regard malicieux.
On ne se trompe donc pas si l'on croit les avoir vus quelque part ; qu'y a-t-il de plus commun en Hollande qu'une femme grande, grasse, blonde, fraîche et réjouie ? à coup sûr son costume n'a rien non plus qui ne soit ordinaire : un jupon rouge, un tablier de toile bleue, un casaquin d'étoffe brune brodé de cygne, une guimpe de toile blanche sur le cou, un petit bonnet bien ajusté, bien collant sur le derrière de la tête, voilà tout, mais ce tout est le type le plus parfait de l'aubergiste hollandaise.
Il ne faut également qu'un peu de mémoire pour reconnaître à l'instant le chasseur de Metsu. Une figure large et basanée encadrée dans une vaste chevelure châtain foncé qui s'étale en éventail sur le dos, un surtout gris et ample avec la culotte de même étoffe, une chemise à col rabattu dont les manches froncées aux poignets dépassent celles du surtout ; enfin de gros souliers montants, et pour complément au costume, des bas de laine du plus beau rouge, tous deux faits, à n'en pas douter, pour arriver à mi-cuisse, mais pourtant dont l'un, vu l'état d'abandon du maître, a cru pouvoir s'abandonner lui-même sans cet écart, on n'eût pas vu le genou du chasseur sous le caleçon collant qui le couvre.
Maintenant, à quelle puissance le peintre a-t-il eu recours pour opter cette merveille ? comment une toile, des couleurs et des pinceaux ont-ils pu suffire à la reproduction si parfaite d'une scène, à laquelle il ne semble plus manquer que le bruit et le mouvement pour prendre rang parmi les choses qui ont vie ? ce sont-là autant de questions insolubles. Au reste, placé à cette hauteur le talent se sent et n'explique plus. Ainsi, quelque soin que nous apportions à l'analyse de ce tableau, nous demeurerons loin de la vérité, et quoique nous fassions, nous serons froid et incomplet dans l'appréciation des indicibles beautés qu'il recèle. C'est donc au lecteur à s'aider lui-même ; c'est à lui à invoquer par la pensée tout ce que l'école hollandaise a pu produire de plus parfait en scène de genre, et à l'embellir ensuite par toute la puissance de son imagination. Et, qu'on ne pense pas que nous nous laissions conduire par un élan d'enthousiasme au-delà des limites du vrai ; non certes, car la juste admiration qu'éveille en nous la perfection de cet ouvrage sera partagée sans exception par tous ceux qui le verront : nous en avons la conviction profonde.
Qui donc ne dirait pas comme nous et avec nous... jamais pinceau de maître ne s'est montré plus flatteur ! jamais exécution, avec moins de travail, n'a été d'un fini plus achevé, plus exquis ! la couleur est comme soufflée partout où il faut de la transparence et de la légèreté ? Où trouver une touche plus en rapport avec la nature de chaque objet, fondue ou visible, mince ou empâtée suivant son appropriation ? la vérité des étoffes est parfaite et la variété de chaque espèce se fait facilement distinguer. Ce chardon, ces pierres, ces briques, ce bois sont traités avec tant d'art qu'en les comparant même aux objets naturels, on craint de ne pas faire assez. Le plumage des oiseaux est plein de délicatesse, le poil soyeux de ce bel épagneul, qui semble sortir de la toile, ne l'est pas moins ; enfin tous ces détails sont rendus avec une égale perfection, et le soin apporté à l'exécution de chacun d'eux offre ceci d'étonnant qu'il ne se dément dans aucune partie et fait que l'oeil n'est pas un seul instant distrait des figures principales. Cependant telles brillantes que soient toutes ces qualités, elles ne sont encore ici que secondaires ; celles qu'on estime avant tout et qu'on regarde comme les plus fondamentales de l'art, s'y montrent à un degré tout aussi éminent. Nous voulons parler de ces expressions saisissantes que nous avons déjà fait remarquer, de ce beau style toujours si difficile à introduire dans une scène familière, de ces choses enfin qui ne relèvent en quelque sorte que du génie, et que le sentiment seul peut produire. Certes que la réunion de tant de perfections dans un seul peintre est une chose presque incroyable ; mais ce qui ne l'est pas moins et demeurera toujours un mystère, c'est cette illusion magique et vraie qui n'est pas due, comme dans la plupart des effets de clair-obscur, aux dégradations d'une même teinte apportant nécessairement l'harmonie avec elle, mais bien à l'entente admirable de ce clair-obscur qui, ne sacrifiant rien des couleurs locales, n'impose pas non plus des sacrifices de lumière qu'on ne trouve pas dans la nature. Finissons d'un seul mot : l'amateur qui acquerra ce tableau possédera une des merveilles de l'école hollandaise.
N. B. Ce tableau, que nous croyons gravé par Pelletier, était un des morceaux les plus précieux du cabinet de Van Helslenter ; sa conservation est si parfaite qu'il se trouve encore sur sa toile vierge.
Evénement : 
Description du catalogue de 1841 :

C'est le sujet principal de ce tableau, un des plus rares qu'on puisse trouver et de la main du fameux Metzu. On n'essayera pas d'en décrire les perfections, car les yeux qui les contemplent semblent craindre que ce ne soit qu'une illusion.
Bibliographies / archives
Commentaire Bibliographies / archives : 
p.268
Référence : 
fol. 218 v. n° 3296. Quadro in tela alto piede uno, e un quarto, largo piede uno, e un dodicesimo rappresentante un Cacciatore in Riposo, ed altre Figure di Metzu Scudi Mille Cinquecento 1500
Source
source : Institut national d'histoire de l'art (France) / Ville d'Ajaccio - licence : Attribution 4.0 International (CC BY 4.0)