Retable de Saint-Hilaire du Puig de Valcebollère
Sur le panneau gauche du retable, se tient saint Antoine abbé, identifiable par ses attributs (le bâton surmonté d'une clochette et le cochon) et un saint évêque, identifié à saint Hilaire, patron du hameau du Puig. Néanmoins, cette identification doit peut-être être prise avec précaution, en raison de l'absence des attributs classiques du saint (dragon, crapaud ou serpent) et de la partie centrale lacunaire qui donnait sans doute, à l'origine, sa cohérence iconographique à l'ensemble. Cet élément aujourd'hui manquant a été remplacé par une sculpture postérieure représentait saint Hilaire. Il était surmonté d'un panneau figurant Dieu le Père. Sur le panneau de droite se trouvent une Adoration des Rois Mages et une représentation de saint Sébastien.
Le centre de la prédelle est occupé par une représentation du Christ en Ecce Homo, entouré de la Vierge et de saint Jean. Sur le panneau de gauche de la prédelle figurent deux saint dont l'identité reste incertaine (possiblement saint Just et saint Pasteur), et sur le panneau de droite les saints Côme et Damien.
Ces dimensions ne prennent pas en compte l'espace de 6 cm laissé entre la prédelle et le corps du retable lors du remontage de 2017. Le retable, de dimensions relativement petites, à été conçu pour un espace restreint par la voûte en berceau de l'édifice. C'est également cette contrainte qui explique la forme trapézoïdale du retable.
Retable de Saint-Hilaire du Puig de Valcebollère
Un document conservé aux archives départementales des Pyrénées-Orientales (4E58) témoigne d'un conflit qui a éclaté pour des raisons financières en 1565 entre la compagnie formée par Antoni Peitavi, Joan Perles et Josep Brell : ce dernier y mentionne "tres retaules de la cuminitat d'Ausega" [trois retables pour la communauté d'Osséja]. Marcel Durliat (Arts Anciens du Roussillon, Perpignan, Conseil général des Pyrénées-Orientales, 1954) identifie l'un de ce retable comme celui conservé dans la chapelle du Puig de Valcebollère, car la communauté d'Osséja comprenait au XVIe siècle les hameaux du Puig et de Valcebollère. Ce document permet donc d'attribuer cette œuvre aux trois peintres et de la dater d'avant 1565. Marcel Durliat considère que la réalisation de ce retable a dû commencer en 1564, année du contrat d'association de Josep Brell et de Joan Perles (Archives départementales de Pyrénées-Orientales, 3E2/890, Manuel de Joan Frigola, notaire de Perpignan, fol. 106, 22 juillet 1564). Guillaume Dalmau propose une fourchette chronologique plus large, allant de 1562 à 1565, car selon lui le retable a pu être peint avant la formalisation écrite de l'association entre les peintres. La date de 1562 correspond à l'entrée en apprentissage de Josep Brell chez Antoni Peitavi (Archives départementales des Pyrénées-Orientales, 3E2/799, Manuel de Joan Port, notaire de Perpignan, fol. 113 v). Voir Guillaume Dalmau "Le Retable de Saint-Hilaire du Puig de Valcebollère" dans cat. d'exposition, Autour d'une œuvre restaurée. Le Retable de la Renaissance de Valcebollère, 2018, p. 90 - 111.
Réalisé pour la chapelle rurale de Saint-Hilaire d'El Puig (commune de Valcebollère), vers 1562 - 1565 ; déposé dans la sacristie de l'église d'Osséja en raison de son mauvais état de conservation, probablement entre 1972 et 1974 ; restauré puis présenté dans la chapelle supérieure du Palais des rois de Majorque (Perpignan), avant 1985 ; déplacé dans la chapelle basse, après 1985 ; mis en dépôt par le département des Pyrénées-Orientales dans l'église paroissiale Saint-Félix de Valcebollère, 2017.
p. 90-111.
p. 163-164.
p. 118 - 121.