Retable du Rosaire
Retable du Rosaire
Neuf panneaux de ce retable nous sont parvenus. On ne connaît pas leur destination originale : le retable fut peut-être commandé pour le maître-autel de l'église de Palau-del-Vidre, qui était dédié à la Vierge Marie jusqu'au milieu du XVIIe siècle . Il fut sans doute réemployé pour la chapelle de la Confrérie du Rosaire, fondée en 1647, après le changement de patronage de l'église qui fut dédiée à saint Sébastien. A l'emplacement qu'il occupait auparavant sur le maître-autel, un retable sculpté par Llàtze Tramulles (1605 - 1657) fut installé dans les années 1640 (disparu lors de l'incendie de 1973). D'importants travaux de réfection ont eu lieu dans l'église, entre 1972 et 1974, suite à l'effondrement de la toiture : à cette occasion, le retable a été démonté et entreposé dans un cellier. Il est ensuite restauré et remonté : la disposition actuelle correspond à une reconstitution proposée à ce moment-là.
Selon Adrià Vázquez Vives, le retable du Rosaire, attribué à Antoni Peitavi et à Miquel Verdagueur pour des raisons stylistiques, ne doit pas être confondu avec celui de la Pietà qui est commandé au peintre par les consuls de Palau-del-Vidre dans un contrat daté du 4 novembre 1583, et qui, étant donné le prix payé (45 livres), devait concerner une œuvre de plus petit format destiné à une chapelle latérale.
Les neuf panneaux qui nous sont parvenus représentent des scènes de la vie du Christ et de la Vierge. Quatre de ces épisodes correspondent aux Mystères Joyeux du Rosaire : l'Annonciation, la Visitation, la Présentation de Jésus au Temple et Jésus parmi les docteurs, auxquels s'ajoute l'Adoration des bergers qui a pu remplacer la Nativité dans ce contexte. Trois autres sont des Mystères Glorieux : la Résurrection du Christ, l'Ascension et la Pentecôte. La Dormition a pu également être considérée comme suffisamment proche dans son thème de l'Assomption, qui est aussi un Mystère Glorieux, ce qui a permis l'adaptation de l'iconographie de ce retable au culte du Rosaire au milieu du XVIIe siècle.
Dans l'Annonciation, l'archange Gabriel est copié d'après une gravure de Marcantonio Raimondi reprenant une composition de Raphaël (Rome, musées du Vatican).
Retable du Rosaire
En 1954, Marcel Durliat note la proximité avec l'art de Peitavi, mais il n'inclut pas ce retable dans le corpus de ses œuvres. Le retable est néanmoins aujourd'hui reconnu comme une œuvre autographe d'Antoni Peitavi et de Mique Verdaguer, son plus proche collaborateur, du fait des similitudes stylistiques avec d'autres œuvres du corpus de Peitavi.
Sans doute commandé pour le maître-autel de l'église de Palau-del-Vidre, alors église paroissiale Sainte-Marie ; certainement déplacé dans une chapelle latérale dédiée au Rosaire dans les années 1640 ; toujours placé dans une chapelle latérale dans une photographie de 1960, qui montre que le retable a subi des modifications, notamment dans l'ordre des panneaux, à une époque indéterminée ; enlevé de l'église suite à l'effondrement de la toiture le 13 janvier 1972 et déplacé dans un cellier puis dans la chapelle privée du château de Vilaclara (Palau-del-Vidre) ; signalé comme absent de l'église par Pierre Ponsich (1912 - 1999), conservateur des Antiquités et des objets d'art des Pyrénées-Orientale, dans une lettre adressée à George Costa, inspecteur en chef des Monuments historiques, le 30 mars 1974 ; transféré par Pierre Ponsich, à la demande de George Costa, de la chapelle du château de Vilaclara à l'atelier de restauration situé dans le Palais des rois de Majorque (Perpignan), mars 1974 ; finalement restauré à Paris puis envoyé dans la cathédrale Saint-Jean de Perpignan (Pyrénées-Orientales) en 1978 ; revenu à Palau-del-Vidre en 1998 et replacé sur le maître-autel de l'église suite aux travaux exécutés en 2007 - 2008.
p. 247-260.
p. 79-82.