Sainte Agathe
La provenance de cette sainte Agathe de Zurbarán n'est pas certaine : elle pourrait avoir été peinte pour le couvent de la Merced Calzada à Séville (actuel musée des Beaux-Arts) ou pour San José de la Merced Descalza (selon L. Kagamé). Zurbarán se montre fidèle aux principes dictés par le cardinal Gabriel Paleotti dans son Discours sur les images sacrées et profanes (1582), qui encourageait les artistes à figurer les saints martyrs accompagnés de leurs attributs et recommandait particulièrement la représentation de sainte Agathe. Les vêtements colorés qu'elle porte peuvent rappeler les processions du Corpus Christi ou les costumes du théâtre sacré.
Cette œuvre acquiert une grande célébrité aux XIXe et XXe siècles, d'abord dans la collection du maréchal Soult (1769 - 1851), où elle est vue par Eugène Delacroix (1798 - 1863), puis au musée Fabre de Montpellier, dont elle devient l'un des chefs-d'œuvre, en particulier grâce au poème Sainte Alexandrine que lui consacre Paul Valéry (1871 - 1945) en 1891.
Peint à Séville vers 1635-1640 pour le couvent de la Merced Calzada ou pour San José de la Merced Descalza (selon L. Kagamé) ; mis en dépôt à l'Alcázar de Séville (salle 7, n° 232) en 1810 et prélevé à cette date par le maréchal Soult (1769 - 1851) ; vendu à Paris, vente de la collection Soult, 22 mai 1852 , n° 34 ; acquis par la Ville de Montpellier en 1852, par l'intermédiaire de Jean-Pierre Collot (1774 - 1852) et grâce à la rente qu'il avait donnée, pour le musée Fabre, 1540 francs.
n° 34 du catalogue
cat. 11 , p. 135-137.
n° 63, p. 77.