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Dadivank

Statut
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plaborde
Dernière modification
20/04/2026 12:47 (il y a 13 jours)
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Titre : 

Dadivank

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Commentaire descriptif : 

Dadivank. Au regard des Thierry.


Le complexe monastique de Dadivank se trouve dans la région historique de l’Artsakh (ou Haut-Karabagh), province orientale de l’Arménie médiévale. Fondé selon la légende sur la sépulture de saint Dadé (ou Dadi), le monastère est attesté pour la première fois au IXe siècle. Détruit par les turcs seldjoukides en 1145-1146, le monastère est reconstruit de la fin du XIIe siècle au XIIIe siècle, époque de laquelle datent la plupart des structures actuelles.

L’inscription sur la façade de la Kathołike (catholicon) indique que la fondation a lieu en 1214, grâce au mécénat d’Arzu Khatun, femme du roi Vakhtang II de la dynastie Hasan-Jalalyan qui gouvernait la principauté de Khachen au début du XIIIe siècle. Elle fait construire l’église en mémoire à son époux et ses deux fils, Hasan et Grigor, qui sont représentés sur la façade sud de l’église, flanquant un modèle d’église. Édifiée selon un plan centré sous coupole inscrite, la Kathołike a reçu un décor peint. La seconde grande église du complexe est une basilique mononef à trois absides, datée des XIIe-XIIIe siècles et accolée à un jamatoun de 1224. Le site comprend une vingtaine de bâtiments, en faisant l’un des complexes monastiques médiévaux des plus complets : en plus des églises, le site comprend un clocher, une bibliothèque et un ensemble de bâtiments ancillaires (hôtellerie, chambres, réfectoire) ceints par une muraille disparue.

Jean-Michel et Nicole Thierry visitent le site à deux reprises en 1978 et en 1979. Les notes prises durant leur première visite le 22 septembre 1978, se trouvant dans l’agenda de Nicole Thierry, font état des difficultés d’accès au site : « très mauvais terrain, boue à la moindre pluie, arbres en travers abandonnés par des bûcherons ». Le monastère, quant à lui, est qualifié de « très romantique ». Les bâtiments ainsi que les peintures de l’église principale sont abondamment photographiés dès cette première visite, photographies qui seront complétées l’année suivante. L’intérêt de Nicole et Jean-Michel Thierry pour le site de Dadivank, son architecture et son décor monumental, se mesure au nombre de leurs publications et leurs communications.

Les photographies et les résultats de leur analyse du programme peint sont présentés pour la première fois au séminaire de Nicole Thierry à l’École Pratique des Hautes Études, au cours de l’année 1981. Celle-ci a identifié deux scènes dans le programme décoratif de l’église principale, l’intronisation de saint Nicolas et la lapidation de saint Étienne, qu’elle attribue à un artiste arménien mais dont la datation est imprécise (courant XIIIe siècle). L’analyse de l’iconographie croisée à celle des sources textuelles contemporaines lui permet de théoriser l’émergence d’un culte préférentiel pour saint Nicolas qui se développe dans la région.

L’architecture du site fait également l’objet de plusieurs études : un article co-signé de Jean-Michel Thierry et Murad Hasratyan est publié dans la Revue des études arméniennes en 1982. Jean-Michel y présente ses premières réflexions sur la typologie des églises, en lien avec les données épigraphiques qui permettent des datations, et s’intéresse à l’agencement des bâtiments au sein du complexe. Cet article monographique est ensuite repris dans un format de notice pour les deux grands ouvrages de synthèse, Les arts arméniens (1987) et Églises et couvents du Karabagh (1991). Son intérêt pour le site est double : d’une part la relative méconnaissance du site parmi les chercheurs européens (en raison de sa situation géographique), d’autre part l’excellente conservation de ses structures qui permettent de documenter l’organisation monastique au XIIIe siècle.

Lorsque Nicole et Jean-Michel Thierry visitent Dadivank, le site fait partie de l'oblast autonome du Haut-Karabagh, région arménienne intégrée à la République Soviétique de l’Azerbaïdjan en 1923. La région prend son indépendance en 1991 à l’effondrement de l’URSS et Dadivank fait alors partie de la République du Haut-Karabagh. En novembre 2020, après la deuxième guerre du Haut-Karabagh, Dadivank passe sous administration azerbaïdjanaise, et la région entière est devenue inaccessible aux chercheurs en automne 2023.

Source
Institut national d'histoire de l'art (France)
Licence
Attribution 4.0 International (CC BY 4.0)
Base de données
Rédacteur
Maud Mélinand