Camée de Némésis
Camée ovale en pâte de verre à 3 couches, aujourd'hui très altéré et irisé, avec un buste féminin de profil à gauche. Le fond est pourpre foncé, le visage blanc, la chevelure, le vêtement plissé et les bras d'un brun roux clair, à l'imitation d'un camée en sardonyx à trois couches, technique rarement utilisée dans la production de verres camées, qui joue généralement d'un contraste entre le fond bleu ou pourpre et le relief blanc opaque. La femme est coiffée d'un chignon rond, un bandeau de petites bouclettes rondes longeant le front et la tempe. Elle écarte d'une main le bord supérieur de sa tunique, tenu entre le pouce et l'index, l'autre main abaissée est fermée. Babelon suggérait qu'elle tenait un rameau de pommier sauvage.
Le geste d'écarter l'encolure de son vêtement est caractéristique des représentations de Némésis, qui crache sur son sein pour écarter le mal. La déesse, d'origine grecque, exécutrice de la justice divine, est aussi, à Rome, proche de Fortuna dont elle reprend les attributs et les fonctions. Son culte s'y développe dès la fin de l'époque républicaine, où elle est associée à la Victoire. L'iconographie de Némésis sur les gemmes et les monnaies, ailée ou non, se répand surtout au 2e siècle. Ici cependant, la maîtrise technique et la qualité du travail, qui se devinent malgré la forte altération du verre, la coiffure à bouclettes le long du visage incitent à dater le camée au 1er siècle ap. J.C.
Auteur : Mathilde Avisseau-Broustet
Il s'agit sans doute du camée vendu le 23 mai 1855 par JB Muret au Cabinet des médailles pour 50 Frs (reg.D.3909), identifié par le dessinateur comme dans le catalogue de E. Babelon comme un buste de Némésis.
Vendu au Cabinet des médailles le 23 mai 1855 par Muret "une imitation antique de camée en pâte de verre, représentant un buste de Némésis, h. 5,5".
n°135 p. 69.